Menace de mort contre Mila: un homme de 25 ans condamné à 10 mois de prison avec sursis

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C'est un message publié le 3 juin dernier sut Twitter qui a amené le prévenu devant le tribunal. Ce jour-là, un procès pour cyberharcèlement contre Mila venait de s'ouvrir.

"Je demande pardon." Les brèves excuses exprimées par le prévenu ce jeudi n'ont pas réussi à convaincre le tribunal. Mehdi B., 25 ans, a été condamné à 10 mois de prison avec sursis et 10.000 euros à verser au titre du préjudice moral pour "menace de mort" sur Mila, la jeune femme visée par un flot de haine en ligne après la publication de vidéos dans lesquelles elle critique vivement l'islam. 

Le message qui lui est reproché a été publié sur son compte Twitter le 3 juin dernier, jour de l'ouverture du procès de treize personnes poursuivies pour cyberharcèlement contre Mila. 

"Quelqu'un veut décapiter cette pute on stream", écrit Mehdi B. ce jour où l'affaire occupe à nouveau largement l'actualité et les débats sur les réseaux sociaux.

"Je ne la porterai jamais dans mon coeur" 

Le garçon, qui dit pratiquer un islam "pas tout à fait rigoureux, mais aucun musulman n'est parfait", voit passer ce jour-là de nombreux commentaires virulents envers Allah. "La provocation me dérange [...] j'ai du mal avec les insultes contre les divinités". C'est dans ce contexte de vexation, de frustration et d'énervement, dit-il, qu'il se fend du tweet pour lequel il est aujourd'hui poursuivi.

"En France, on a le droit de critiquer toutes les religions comme on en a envie", lui rappelle le président. Mehdi B. reconnaît volontier le droit au blasphème et, à ce titre, exprime quelques regrets, toutefois nuancés. 

"Je demande pardon. Mais cette personne, je ne la porterai jamais dans mon coeur", livre-t-il sous le regard noir de Mila.

Tristesse et colère

"L'énervement n'est pas un élément justificatif et le repentir n'efface pas l'action", répond l'avocat de la partie civile, Me Jean-Louis Lafarge qui rappelle à quel point les messages de haine à l'encontre de Mila ont affecté sa vie: à 16 ans et demi (elle en a aujourd'hui 18), elle a dû déménager, quitter son école, elle vit sous surveillance policière. "Elle a été privée des plus belles années de sa vie", plaide-t-il tandis que la jeune femme fond en larmes derrière son masque. 

"Ces messages ne sortiront jamais de ma tête. Je ressens de la tristesse, de la colère et de la souffrance", explique-t-elle au tribunal.

L'attitude plutôt taiseuse du prévenu ne semble pas satisfaire la procureure de la République qui lui reproche de formuler des excuses "presque arrachées" et requiert contre lui 6 mois de prison avec sursis et 500 euros d'amende. De quoi faire bondir l'avocat de la défense qui réfute l'existence d'une menace de mort. 

"Il a certes écrit une phrase horrible mais elle ne visait pas directement Mila. Il était dans l'énervement, dans la spontanéité, mais il n'avait pas l'intention que atteigne la jeune femme. Par ailleurs, poser une question à sa communauté Twitter sur la décapitation n'est pas une menace de mort", plaide-t-il.

Pas de quoi convaincre le président du tribunal qui décide de le condamner à une peine plus sévère que celle requise par la procureure de la République.

Article original publié sur BFMTV.com

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