Menacée par la guerre en Ukraine, la Moldavie veut se détacher de sa dépendance au gaz russe

La question de l’accès au gaz est un enjeu essentiel de la guerre en Ukraine. La Moldavie dépend entièrement de Moscou pour ses approvisionnements en gaz, qui transitent par le territoire pro-Russe de Transnistrie. Ce petit pays cherche donc à se libérer au plus vite de la tutelle énergétique russe.

Avec notre envoyée spéciale à Chisinau, Juliette Gheerbrant

Parmi les pays qui ont le plus à perdre avec la guerre en Ukraine, la Moldavie qui redoute d’être la prochaine cible de Moscou en cas de victoire des militaires russes en Ukraine.

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Comme partout ailleurs, le prix de l’énergie s’envole en Moldavie. Dans les villages beaucoup d’habitants se chauffent au bois, mais à Chisinau, la capitale du pays, l’hiver sera difficile. Le gaz était moins cher quand les partis pro-russes étaient au pouvoir, remarque le député de la majorité présidentielle, Oazu Nantoi. « Maintenant, avec un gouvernement pro-européen au pouvoir, nous subissons le chantage de la Russie via l’augmentation des prix de Gazprom. L’automne dernier, par exemple, il est évident que Gazprom a essayé de favoriser l’agitation sociale et politique en Moldavie et de préparer l’arrivée au pouvoir de forces politiques pro-russes », dit-il.

Menaces de suspension des livraisons

Gazprom avait menacé de suspendre ses livraisons, accusant Chisinau de ne pas payer ses dettes. Tandis que la Moldavie dénonçait 40% d’augmentation du tarif. La guerre en Ukraine complique à nouveau les choses. « La situation est dramatique : nous sommes obligés de sortir de ce monopole de Gazprom. Et nous sommes prêts techniquement à acheter du gaz sur le marché de l’UE, mais la Moldavie est un pays très pauvre. Et il sera crucial d’équilibrer stabilité sociale et sécurité énergétique », poursuit Oazu Nantoi.

Chisinau compte sur le soutien de l’UE. L’Allemagne, notamment, a promis d’aider la Moldavie à s’affranchir de sa dépendance vis-à-vis de la Russie.

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