Menacée d'expulsion, une victime des attentats du 13-Novembre bientôt régularisée

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La façade du bar La Belle Equipe, rue de Charonne, les jours suivants les attaques du 13 novembre 2015 - BERTRAND GUAY / AFP
La façade du bar La Belle Equipe, rue de Charonne, les jours suivants les attaques du 13 novembre 2015 - BERTRAND GUAY / AFP

A. était "tellement choqué qu'(il) n'a pas réussi à aller travailler le soir". L'Algérien de 26 ans s'est vu notifier lundi une obligation de quitter le territoire (OQTF) ainsi qu'une interdiction de retour d'une durée de 36 mois. Un coup dur pour le moins inattendu pour ce barman de l'est parisien, rescapé des attentats du 13 novembre 2015. Les services de Marlène Schiappa, ministre déléguée à la Citoyenneté, ont indiqué au JDD qu'il pourrait finalement rester sur le territoire français.

"C'est très clair, il ne sera pas expulsé", a appris l'hebdomadaire, qui révèle ce dimanche que le serveur va pouvoir faire l'objet d'une admission exceptionnelle au séjour.

Un soulagement pour A.. Arrivé en France illégalement alors qu'il était mineur, l'intéressé disposait jusqu'à il y peu d'un titre de séjour pour "vie familiale et privée", après son mariage avec une résidente française en 2014. Désormais divorcé, l'homme n'y est plus éligible, lui a assuré la préfecture.

Le procès des attentats prévu en septembre

Invité de BFM Paris vendredi, son avocat, Me Henri Braun, pointait "une décision incompréhensible", son client bénéficiant d'un contrat à durée indéterminée et comptant plusieurs membres de sa famille en France. C'est sur ce point que l'avocat entendait insister pour invalider la demande d'expulsion.

Son statut de victime de l'attentat du 13-Novembre ne lui garantissait pour sa part "aucun droit au regard de la législation en vigueur" pour le droit au séjour, avaient précisé les autorités dans leur courrier. Et ce même si l'État l'a reconnu officiellement comme victime de l'attaque et l'a indemnisé à ce titre.

Désormais régularisé, A. pourra participer au procès d'ampleur des attentats du 13-Novembre. Les audiences doivent débuter le 8 septembre prochain et s'étaler jusqu'à mars 2022.

"On attendait notre tour"

Le jour de l'attaque, le barman était en service. Son établissement a essuyé les tirs du commando terroriste. Avec des clients, il est parvenu à échapper aux assaillants en se réfugiant dans les toilettes. "On attendait notre tour", confie-t-il.

"Il a assisté à une véritable scène de guerre", a soutenu son avocat, qui voyait en la notification d'expulsion une "ignominie", dans les colonnes de 20 Minutes.

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A., qui souffrait encore des stigmates de l'attaque, devait en plus composer avec cette menace d'expulsion. "Je me demande sans cesse s'ils vont venir me chercher. Je suis très inquiet. Je n'arrive pas à me concentrer sur mon travail, a déclaré le rescapé au JDD. Jeudi, j'ai cassé trois bouteilles".

Article original publié sur BFMTV.com

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