Menacé de décapitation, le député LaREM Ludovic Mendes dénonce des "terroristes de canapé"

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Le député LaREM Ludovic Mendes prend la parole lors d'une séance de questions au gouvernement, le 22 mai 2018, à l'Assemblée nationale.
 - GERARD JULIEN / AFP
Le député LaREM Ludovic Mendes prend la parole lors d'une séance de questions au gouvernement, le 22 mai 2018, à l'Assemblée nationale. - GERARD JULIEN / AFP

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"Je viendrai te décapiter, c'est comme ça que l'on faisait avec les tyrans à la Révolution française". Ce n'est pas la première fois que Ludovic Mendes, député LaREM de Moselle, reçoit des menaces. Mais cette fois, la violence des propos était telle qu'il a décidé de rendre public le message. L'élu veut alerter sur les intimidations croissantes dont de nombreux députés sont victimes.

"On a tous eu des menaces malheureusement, mais là ça va trop loin, j'ai voulu passer mon coup de gueule", a expliqué Ludovic Mendes sur le plateau de BFMTV ce mercredi.

Lorsqu'il reçoit ce message le menaçant de décapitation, le député porte plainte. Pourtant, dès le lendemain, une nouvelle menace tombe dans sa boîte mail.

"Des terroristes de canapé"

Toutefois, Ludovic Mendes ne veut pas se laisser faire. "Ca ne remet en aucun cas en cause mon engagement politique. Au contraire, ça me motive encore plus. Je veux passer encore plus de temps sur le terrain, être à l'écoute et essayer de fédérer le pays plutôt que de le diviser", raconte-t-il.

"Ces gens-là, ce sont des terroristes de canapé, derrière leur écran. On peut parler de terrorisme car on cherche à intimider quelqu'un, à imposer une ligne politique contre une autre, une manière de penser et de faire", s'indigne Ludovic Mendes.

Un phénomène grandissant

Il ne s'agit néanmoins pas d'un cas isolé, et le phénomène semble s'intensifier. Durant le précédent quinquennat, des tensions avaient été observées, notamment lors des mobilisations contre la "loi travail", avec des élus menacés et des permanences attaquées. Des actes qui avaient notamment été renouvelés lors de la crise des gilets jaunes.

Actuellement, sur fond de crise sanitaire et de contestation contre le vaccin ou le pass sanitaire, la violence s'est accrue. Récemment, plusieurs autres députés ont eux aussi reçu des menaces de décapitation, à l'instar de David Corceiro (Val d'Oise), Jean-Michel Mis (Loire) ou encore Patricia Mirallès (Hérault).

"C'est comme si on était habitué, comme si c'était devenu normal alors que ça ne l'est pas", déplore Ludovic Mendes.

Une référente nommée à l'Assemblée nationale

Selon une récente enquête de CSA Research pour l'Assemblée nationale, 13% des sondés "approuvent les comportements violents envers les députés" et 60% affirment "comprendre le mécontentement" à leur égard. Face à cette situation, une référente a été désignée ce mardi à l'Assemblée afin de recueillir la parole des députés qui sont menacés.

De plus, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin a écrit aux préfets pour leur demande de renforcer la surveillance et la sécurité des députés dans leur permanence, mais également à leur domicile.

En octobre, au Royaume-Uni, David Amess, un député conservateur, avait été poignardé à mort dans sa permanence de l'Essex, à l'est de Londres.

Article original publié sur BFMTV.com

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