Mel Gibson, un acteur à l'image de ses personnages: sur la brèche

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Retour sur la vie et la carrière cinématographique du sulfureux acteur-réalisateur américain. Acteur reconnu, réalisateur oscarisé, personnalité controversée, Mel Gibson a tout de l'être tourmenté. À l'image de nombre des personnages qu'il a incarnés, il semble toujours sur la brèche, entre coup d'éclat, coup de sang et coup de folie. Collaborateur du magazine Sofilm, Matthieu Rostac voit dans cette instabilité une clé de lecture du parcours de la star. Au début, il y avait le père... Partant du principe que les films interprétés et/ou réalisés par Mel Gibson s'expliquent par des épisodes de sa vie, Rostac construit ce livre sur des va-et-vient permanents entre biographie et filmographie. De manière originale, l'analyse débute douze ans après la naissance de l'acteur américain. En 1968, avec ses dix frères et sœurs, Mel Gibson débarque en Australie. Le père, Hutton Gibson, a décidé d'émigrer pour changer de vie, mais aussi pour éviter que le fils aîné n'aille combattre au Vietnam. Ce patriarche est animé par une morale particulièrement austère. Au foyer des Gibson, on ne trouve ni de télé ni de bande dessinée, encore moins de tabac et d'alcool. L'amour de Dieu et le cocon familial sont censés être les garants du bonheur de tous. Refusant les réformes de Vatican II, se plaisant à affirmer que le bilan de la Shoah a été exagéré, le père se distingue par son extrémisme religieux. Pour Matthieu Rostac, Mel Gibson s'est construit à la fois par sa déférence envers la figure paternelle et par sa volonté de s'extraire de cette tutelle. Sa filmographie en tant que réalisateur montre ainsi une propension à mettre en scène des pères de substitution, bons et aimants (L'Homme sans visage, 1993) opposés à des géniteurs autoritaires, incapables de sauver de la mort leurs enfants (Apocalypto, 2006) ou qui les... Lire la suite sur Slate.fr.