Mediator : « Nous avons tiré la sonnette d'alarme plus de six fois ! »

Par Baudouin Eschapasse

Dessin d'illustration du grand procès du Mediator qui s'est ouvert le 23 septembre 2019 à Paris.

INTERVIEW. Bruno Toussaint dirige la revue médicale indépendante « Prescrire ». Il a régulièrement alerté les autorités sur les dangers du Mediator depuis 1999.


Son témoignage au procès du Mediator, le 9 octobre, a bousculé la défense des laboratoires Servier. Il a aussi mis en cause la responsabilité de l'Agence du médicament qui a autorisé la commercialisation de ce produit dangereux et pointé du doigt les médecins l'ayant prescrit. Bruno Toussaint, directeur de la revue médicale indépendante Prescrire, créée en janvier 1981, dénonce depuis vingt ans la nocivité des coupe-faim à base d'amphétamines. Il regrette de ne pas avoir été entendu. Le médecin, devenu journaliste, a redit devant le tribunal correctionnel de Paris les réserves que lui inspirent les relations qu'entretiennent les laboratoires pharmaceutiques et certains membres de la communauté médicale… Le procès en cours conduira-t-il à changer ces pratiques ? Bruno Toussaint livre au Point son analyse.

Le Point : Votre revue a invité les autorités de santé à reconsidérer le maintien sur le marché du Mediator dès mai 1997. Quelles raisons vous ont poussé à cette mise en garde ?

Bruno Toussaint : Le Mediator a été mis sur le marché en 1976, avant la création de Prescrire, donc nous n'avons pas eu l'occasion de l'examiner comme nous le faisons pour tous les nouveaux médicaments. Et comme pendant longtemps il n'y avait pas de publication sur ses effets nocifs, nous n'avions guère l'occasion d'attirer l'attention sur ses dangers. En 1990, nous avons signalé que, derrière le nom commercial Mediator, se cache le principe actif nommé benfluorex. Et dans le système de dénominations communes internationales (DCI) des médicaments, construit par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), cette terminaison en « orex » signifie qu'il s'agit d'un coupe-faim, d'un anorexigène, même s'il était vendu comme antidiabétique et anti-« gras ».

Quand a-t-on (...)

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