Mediapart, machine à cash

Par Olivier Ubertalli
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« Jamais nous n’aurions pensé être à plus de 200 000 abonnés aussi tôt, nous pensions que nous y serions, peut-être, après la présidentielle de 2022 », se réjouit le président de Mediapart.
« Jamais nous n’aurions pensé être à plus de 200 000 abonnés aussi tôt, nous pensions que nous y serions, peut-être, après la présidentielle de 2022 », se réjouit le président de Mediapart.

Peu de médias français peuvent se targuer de réaliser des bénéfices après la lame de fond du Covid-19. Même Le Canard enchaîné, traditionnellement rentable, a accusé l'année dernière les premières pertes de son histoire en raison de la déconfiture du distributeur Presstalis. Le journal en ligne Mediapart fait partie des rares élus. Au fil de ses treize ans d'existence, son modèle basé sur l'abonnement payant s'est transformé en véritable machine à cash. Pour preuve : l'année dernière, le résultat après impôts et participation versée aux salariés du média en ligne a bondi de 72 % en 2020, à 4 millions d'euros, contre 2,3 millions l'année précédente. Cela représente 20 % de son chiffre d'affaires, qui atteint désormais 20 millions d'euros (+ 22 %).

À ses débuts, il est vrai, le site fondé par Edwy Plenel avait filouté avec les règles de la fiscalité au nom d'un « principe pour l'égalité entre presse imprimée et presse numérique » : il s'était auto-appliqué de 2008 à 2014 un taux de TVA réduit réservé à la presse papier de 2,1 %, contre 19,6 % (puis 20 %). Il avait dû affronter un redressement fiscal. En novembre dernier, un arrêt de la cour administrative d'appel de Paris l'a condamné à verser 1,4 million d'euros de pénalité en évoquant « le caractère délibéré des manquements commis », en plus du redressement fiscal (3,3 millions d'euros).

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