"Les mecs à côté pensent que tout est possible": Rory Kockott, le facteur X du Stade Français

"Je me fais zéro souci pour lui. Je sais qu'il sera très pénible et très dominant demain soir." Promesse signée Matthieu Hirigoyen au sujet de son coéquipier Rory Kockott avant leur demi-finale de Top 14 face à l'Union Bordeaux-Bègles, ce samedi (21h05). Le troisième ligne du Stade Français répond à la question "vaut-il mieux jouer avec ou contre le demi de mêlée?".

"Rory c'est un joueur avec énormément d'expérience qui connaît ces matchs, qui sait les gagner. On est une équipe qui est assez jeune, qui n'a pas trop l'expérience de ces matchs-là. On est tous très excités et Rory nous amène justement son leadership, sa mentalité. On sait très bien qu'il vaut mieux l'avoir avec nous parce que c'est quand-même quelqu'un d'assez pénible."

L'un des seuls joueurs parisiens à avoir connu des demi-finales

L'expérience, justement, c'est ce qui manque au groupe parisien avant d'affronter l'UBB sur ses terres, au Matmut Atlantique. "Il ne reste plus personne du groupe de 2015 [l'année du dernier sacre du Stade Français], rappelle le deuxième ligne et capitaine Paul Gabrillagues. En 2021 et en 2023, on s'est arrêté deux fois en barrage contre le Racing 92. Mis à part Rory et Micka [Ivaldi], il n'y a aucun joueur dans le vestiaire qui a joué une demi-finale, c'est un fait. Rory nous amène beaucoup là-dessus."

Paul Gabrillagues était pourtant dans le groupe parisien en 2015, mais il n'avait pas disputé les phases finales, redescendu avec les espoirs en fin de saison. Il voit une ressemblance entre l'année du dernier titre parisien et cette saison 2023-2024. "Sergio Parisse était capitaine à l'époque et il était bien entouré avec Pascal [Papé], Julien Dupuy, Antoine Burban. Je retrouve ça cette année avec plusieurs leaders dans l'équipe. Le capitanat a été partagé avec Jerem [Ward], Rory [Kockott], Sekou [Macalou]. C'est important pour nous d'avoir plusieurs voix dans le vestiaire. On ne peut pas tout comparer mais c'est une similitude avec 2015."

"On a gagné ensemble"

Laurent Labit poursuit, "Ce n'est pas un seul joueur qui peut en actionner 45. Mais quand tu en as 5-6 dans le vestiaire c'est beaucoup plus facile. Surtout quand tu as quelqu'un qui a déjà gagné avec des équipes qui n'étaient pas programmées pour gagner, c'est que forcément il y a quelque chose. Quand tu gagnes deux boucliers en moins de 10 ans avec le CO, c'est que tu as quelque chose au fond de toi qui fait que les mecs à côté pensent que tout est possible."

Le directeur du rugby du Stade Français a une relation très particulière avec son demi de mêlée qu'il a entraîné à Castres entre 2011 et 2013. "Ça fait plus de dix ans que je le connais. Depuis Castres, on a gagné ensemble." Alors quand, juste avant le championnat, le club parisien a perdu deux demis de mêlée avec la blessure d'Hugo Zabalza et Brad Weber bloqué en Nouvelle-Zélande, Laurent Labit a sorti son téléphone.

"Quand ce sera dur, les joueurs le regarderont forcément"

"J'étais toujours en contact avec Rory, je discute beaucoup avec lui. Je savais qu'il avait arrêté de jouer pour passer dans le staff à Castres mais que, au fond de lui, il n'avait pas fini de jouer. Je l'ai appelé et au début il n'a pas trop compris. Il m'a dit: 'mais tu es fou!'. Je lui ai dit, 'non. Tu as 15 jours pour te remettre et venir me rendre service'. Parce qu'au-delà du joueur et de la qualité que tout le monde connaît, je voulais surtout ce qu'il amène à l'entraînement la semaine aux joueurs. Cet esprit qu'il a de gagner, de s'entraîner, d'être prêt." Labit qui cible aussi les failles du numéro 9 dont le comportement poil à gratter sur le terrain peut se retourner contre lui. "Il a un rôle très important mais je lui dis souvent qu'il faut qu'il joue aussi avec et pas contre nous. Des fois, dans son excès d'engagement à vouloir bien faire, il se retrouve aussi à jouer un peu contre nous." Calmer les ardeurs de Kockott, donc... Mais avant tout s'appuyer sur ce qu'il représente pour ses coéquipiers. "Quand ce sera dur, les joueurs le regarderont forcément pour qu'il les remette sur les rails."

Article original publié sur RMC Sport