Mayotte: renforts pour faire respecter le confinement et lutter contre l'immigration illégale

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Un gendarme contrôle les attestations de déplacement, le 6 février 2021 à Mamoudzou, à Mayotte, placé sous confinement depuis la veille pour lutter contre l'épidémie de Covid-19

Une trentaine de policiers et gendarmes vont être envoyés dans les prochains jours et jusqu'à l'été à Mayotte pour faire respecter le confinement en vigueur sur l'île et lutter contre l'immigration clandestine depuis l'archipel voisin des Comores, a annoncé jeudi le gouvernement.

"20 policiers seront déployés d'ici à mars" et "13 gendarmes supplémentaires seront envoyés d'ici à l'été 2021", ont détaillé dans un communiqué commun les ministres de l'Intérieur et des Outre-mer Gérald Darmanin et Sébastien Lecornu.

Les deux pelotons de gendarmerie mobile, envoyés sur l'île fin janvier après trois assassinats à l'arme blanche, dont deux adolescents, et des destructions d'habitations sont par ailleurs maintenus "tant que leur présence sera nécessaire", assurent les deux ministres.

Ces forces devront notamment veiller au "respect du confinement" en vigueur à Mayotte depuis le 5 février et pour au moins trois semaines pour faire face à l'épidémie de Covid-19 et à l'apparition des variants sud-africain et britannique.

Mercredi, le taux d'incidence du Covid-19 à Mayotte était de 812 cas pour 100.000 habitants, selon l'Agence régionale de Santé.

Pour lutter contre l'immigration illégale venue des Comores "qui fait peser un poids supplémentaire sur le système social de Mayotte", les deux ministres annoncent également le maintien de trois navires intercepteurs de la police aux frontières, dont le rôle est d'empêcher les kwassas-kwassas, embarcations de fortune transportant des migrants, d'accoster sur le sol mahorais.

Ces moyens s'ajoutent aux surveillances terrestres et aériennes mises en œuvre dans le cadre de l'opération "Shikandra" (nom d'un poisson débonnaire qui mord quand on s'approche de son nid) contre l'immigration clandestine lancé en août 2019 à Mayotte, précise le communiqué.

"Plus de 27.400 éloignements de migrants clandestins (ont été) réalisés en 2019", indique Gérald Darmanin, cité dans le communiqué, et 2.450 en janvier dernier.

Depuis des années, des milliers de personnes, principalement des Comoriens, mais aussi des ressortissants de l'Afrique des Grands Lacs, quittent l’île d’Anjouan voisine pour rentrer clandestinement à Mayotte.

Ces arrivées suscitent des réactions de plus en plus hostiles des Mahorais, qui considèrent qu’elles contribuent à surcharger les services publics du département, déjà en grande difficulté.

Le ministre des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a appelé lundi son homologue comorien Dhoihir Dhoulkamal à faire plus pour lutter contre l'immigration clandestine vers le département français.

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