Mayotte: manifestation après une troisième agression de lycéen

S.B.M
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Le centre hospitalier de Mayotte à Mamoudzou où est hospitalisée la victime (photo d'illustration) - Ali Al-Daher
Le centre hospitalier de Mayotte à Mamoudzou où est hospitalisée la victime (photo d'illustration) - Ali Al-Daher

Plusieurs centaines d'élèves et des enseignants ont manifesté ce vendredi, dans et devant leur établissement, après l'agression d'un de leurs camarades ce jeudi poignardé à la sortie des cours, alors que deux lycéens sont décédés en moins d'un mois à Mayotte.

"Comment on peut aller en cours alors qu'on stresse? La police, ils sont là aujourd'hui, mais quand il y a des bagarres, ils ne sont jamais là. On ne veut pas une sécurité d'une minute!", dit Maïssa, une élève en première dans ce lycée.

La veille, vers 16 heures, un lycéen a été poursuivi à la sortie de l'établissement, avant d'être poignardé près du coeur. Il se trouvait alors à une centaine de mètres des grilles, d'après le proviseur. Transportée au centre hospitalier de Mayotte, la victime a été opérée et son état ce vendredi matin était stable.

Les protestations de la communauté éducative

Ce qui n'a pas empêché une cinquantaine d'enseignants de lancer un "débrayage" de 45 minutes ce vendredi à 7 heures. "Personnellement, j'ai été choquée, donc j'ai refusé de prendre mes élèves. Cela fait dix ans que je suis là, et c'est la première année où je sens une telle tension", raconte une enseignante, qui préfère garder l'anonymat.

Dans la matinée, environ 400 élèves, sur les plus de 1800 que compte l'établissement, ont alors organisé un sit-in, avant de tenter d'aller manifester dans la rue. Mais le lycée a gardé ses grilles fermées. "En tant que responsable, je me dois d'assurer la sécurité des élèves, donc nous n'avions pas l'intention de les laisser sortir", explique le proviseur, Didier Piolat. La foule s'est finalement dispersée à l'heure de la pause, à 11H05, rapporte-t-il.
C'est la troisième fois en moins d'un mois qu'une grave agression frappe un lycéen à côté de son établissement scolaire, dans ce territoire français de l'océan Indien en proie à une insécurité chronique. Les 9 et 15 avril, deux lycéens sont décédés après avoir été violemment agressés, conduisant la population à organiser barrages, marches blanches et manifestations.

Article original publié sur BFMTV.com