Matzneff : comment le récit des années 70 a perdu le monopole de la légitimité

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Collection de minettes

O Tempora, o mores ! Lorsque en 1990, sur le plateau d’ « Apostrophes », l’écrivain Gabriel Matzneff présentait sa « collection de minettes » nulle loi ne prévoyait qu’un âge de consentement soit définit comme l'âge en dessous duquel il existe une présomption irréfragable de non consentement sexuel d'un enfant. De plus, avant 1994, le code pénal ne sanctionnait pas aussi sévèrement qu’aujourd’hui les atteintes sexuelles considérées sans violence, contrainte, menace ni surprise sur des mineurs de moins de quinze ans, des mineurs de plus de quinze ans et des mineurs à l’étranger, même lorsqu’elles étaient commises par un ascendant ou par toute autre personne ayant sur la victime une autorité de droit ou de fait. On évoque alors couramment des « maîtresses » et des « amants » cueillis sur les bancs d’un collège parisien ou sur un trottoirs de Manille par des hommes dans la force de l’âge forcément aventureux.

En France, ni à gauche ni à droite, des voix suffisamment nombreuses et puissantes n’auront défendu la protection de l’enfance. D’Eraste et Eromène à Mai 1968, les relations entre enfants et adultes ont été racontées par des adultes. Que le sulfureux diariste qualifie des jeunes filles de « conquêtes », cela ne pouvait choquer que la morale bourgeoise. « Dans les années 70 et 80, la litt

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