Matzneff cité pour "apologie" de la pédocriminalité: annulation du procès en septembre

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L'écrivain français Gabriel Matzneff à Bordighera, en Ligurie, le 16 février 2020 - VALERY HACHE © 2019 AFP
L'écrivain français Gabriel Matzneff à Bordighera, en Ligurie, le 16 février 2020 - VALERY HACHE © 2019 AFP

L'écrivain Gabriel Matzneff devait être jugé pour "apologie" de la pédocriminalité: le tribunal correctionnel de Paris a invalidé ce vendredi la citation de l'association l'Ange Bleu pour une question de procédure, annulant la tenue du procès prévu en septembre.

Dans une décision consultée par l'Agence France-Presse, la 17e chambre correctionnelle a déclaré nulle la citation, ce qui rend caduc le procès au fond qui était fixé au 28 septembre 2021. L'association a cependant indiqué son intention de faire appel.

Enquête pour viols toujours en cours

L'Ange Bleu avait cité à comparaître en janvier 2020 l'écrivain, visé par ailleurs par une enquête pour viols sur mineurs, en évoquant trois articles parus entre fin décembre et début janvier dans L'Obs, Le Parisien et L'Express.

L'association accusait l'écrivain d'avoir fait l'apologie d'actes pédocriminels "et précisément du crime de viol aggravé" en évoquant la relation qu'il avait eue avec Vanessa Springora. Cette dernière, éditrice, avait publié un livre plus tôt en janvier, Le Consentement, dans lequel elle mettait en cause l'écrivain de 83 ans pour ses relations avec des mineurs.

Cette publication sur leur relation dans les années 1980, alors qu'elle n'avait pas encore 14 ans, a entraîné l'ouverture par le parquet de Paris d'une enquête préliminaire pour viols commis sur mineur de moins de 15 ans, toujours en cours.

Décision "scandaleuse"

Dans la procédure pour "apologie", l'avocat de Gabriel Matzneff, Emmanuel Pierrat, avait soulevé une série de motifs de nullités, qui ont été débattus lors d'une audience en avril et à laquelle l'avocat de l'association, qui avait fait une demande de renvoi, n'était pas présent.

Ce dernier, Me Méhana Mouhou, a indiqué à l'AFP qu'il avait ce jour-là un impératif médical lié au Covid, estimant que la décision était "scandaleuse", "car cela viole les droits de la défense". Le tribunal a estimé que la citation devait être déclarée nulle car l'association n'avait pas mentionné d'adresse à Paris. Il n'a pas examiné les autres arguments soulevés par l'avocat de Gabriel Matzneff.

La procédure de citation permet à une victime de convoquer directement l'auteur présumé devant le tribunal, sans qu'une enquête préalable soit menée. C'est à la victime de collecter les preuves de culpabilité de l'auteur présumé des faits.

Article original publié sur BFMTV.com

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