Matricide à Montreuil : retrouvailles familiales à la barre

Carole Sterlé
Me Florian François-Jacquemin, l’avocat de Jean-Luc B. jugé pour le meurtre de sa mère

Jean-Luc B. est jugé pour le meurtre de sa mère de 87 ans. Reclus dans sa chambre depuis 23 ans, il était totalement coupé de sa famille.


Ses réponses sont systématiquement précédées de silences. Des secondes qui paraissent une éternité. « C’est impossible pour vous d’ajouter quelque chose ou bien vous ne voulez pas ? » questionne encore le président Régis de Jorna. « Je n’ai rien à dire », répond l’accusé qui préfère les questions fermées, auxquelles il peut répondre par « oui » ou « non ». L’étranglement de sa vieille mère malade, le 30 avril 2017, avec une cordelette, il l’a toujours reconnu.

« Non », ce n’était pas pour l’aider à mourir, répond-il à l’avocat général, Jean-Cédric Gaux. Et « non », il n’avait pas peur de rester seul après, dans ce F 3 de la rue de la Rosny. Et s’il a appelé sa sœur aînée Florence à la rescousse juste avant, alors qu’il ne voyait ni ne parlait à personne depuis 23 ans, c’était « pour qu’elle s’occupe de ma mère ».

Enfermé dans son mutisme

Mais dès qu’il faut analyser, verbaliser ses sentiments, l’origine de son repli en 1994, ou même son état aujourd’hui, l’accusé se referme. « C’est la peur de l’autre qui fait qu’il s’est replié, il a dû vivre quelque chose de bouleversant qui l’a poussé à se bunkériser. Les mécanismes de défense sont toujours proportionnels à ce contre quoi on se défend », estime le psychologue qui l’a expertisé. Une déception amoureuse ? La découverte d’un secret de famille ? D’après sa sœur Corinne, c’est Jean-Luc qui aurait trouvé « une lettre » évoquant l’autre filiation de Florence, décédée l’an dernier. Le père de Florence était un autre. Mais dans le box, les bras immuablement le long du corps, Jean-Luc B. coupe court d’un « non ».

En prison, il fuit la promenade

En prison depuis deux ans, pas de courrier, ni de parloir. Il a vu huit fois le psychologue, fuit la promenade et choisit le dimanche pour se rendre à la bibliothèque. Il lit « Les Frères Karamazov », de Dostoïevski, « Le Comte de Monte Cristo » (...)

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