Pour Matignon, l'option Clémence Guetté fait son chemin chez les Insoumis

Clémence Guetté à son arrivée à l'Assemblée nationale le 9 juillet 2024 (Bertrand GUAY)
Clémence Guetté à son arrivée à l'Assemblée nationale le 9 juillet 2024 (Bertrand GUAY)

Régulièrement citée par Jean-Luc Mélenchon comme candidate potentielle au poste de Premier ministre, la députée Clémence Guetté est le nom qui monte en ce moment chez LFI pour Matignon, avec pour avantage d'être moins clivante que d'autres Insoumis.

Dans le cas de figure - encore hypothétique car contesté par les socialistes - où il reviendrait aux Insoumis de proposer un candidat pour remplacer Gabriel Attal, Clémence Guetté ne manque pas d'atouts.

L'élue du Val-de-Marne, âgée de 33 ans, n'est certes pas aussi connue du grand public que la cheffe des députés insoumis Mathilde Panot et le coordinateur Manuel Bompard.

Mais elle peut s'appuyer sur une forte cote de popularité auprès des militants de gauche. Et surtout elle joue un rôle central au sein de l'appareil insoumis: c'est elle qui a coordonné le programme de la campagne de Jean-Luc Mélenchon en 2022, dans lequel les alliances de gauche de la Nupes puis du Nouveau Front populaire ont puisé.

"C'est une femme, elle est jeune, calme, dynamique elle maîtrise le programme", énumère avec enthousiasme la députée de Seine-Maritime Alma Dufour, qui fait de Clémence Guetté sa favorite au sein de LFI pour le poste de Premier ministre.

"Dans n'importe quelle situation de stress et d'urgence elle aura un cap programmatique clair", appuie le député Insoumis de Haute-Garonne Hadrien Clouet, qui a négocié la partie projet du Nouveau Front populaire aux côtés de l'intéressée début juin, lors des tractations avec les autres partis de gauche pour la formation de l'alliance.

"Même si elle est moins connue que d'autres, elle peut être facilement identifiable: elle est jeune, elle est calme dans les débats...", ajoute un collaborateur parlementaire insoumis.

- "Mémoire" parlementaire -

Sur les plateaux de télévision, celle qui co-préside avec Jean-Luc Mélenchon le think tank insoumis l'Institut La Boétie a en effet l'avantage de présenter un profil éloigné du "bruit et de la fureur" traditionnellement attaché aux Insoumis et à leur patriarche.

Née dans les Deux-Sèvres, elle adhère au Parti de gauche en 2010 avant d'être repérée par son chef Jean-Luc Mélenchon. Après la création de La France insoumise en 2016, elle intègre l'équipe du programme présidentiel du candidat de la gauche radicale pour l'échéance de 2017, équipe alors dirigée par Charlotte Girard, universitaire respectée qui a depuis quitté le mouvement, et à qui elle succédera par la suite.

Au même moment, elle devient secrétaire générale du groupe insoumis à l'Assemblée nationale, avant d'être parachutée dans la favorable circonscription de Créteil en 2022, où elle est facilement élue puis réélue dès le premier tour après la dissolution de l'Assemblée nationale le 9 juin.

"Clémence a une mémoire de ce qu'on a fait ici depuis sept ans", note Hadrien Clouet.

Plutôt discrète dans les médias et montrant une communication maitrisée, elle expliquait en 2021 à l'AFP: "La représentation publique ne me dérange pas, mais je ne trouve pas non plus d'intérêt à fréquenter les médias, l'exercice est assez superficiel".

Son engagement féministe pourrait offrir à cette membre de la direction insoumise un soutien venant des députées d'autres partis de gauche. Mais son alignement avec l'orientation insoumise ne fait pas que des heureux.

"C'est une femme d'un très grand talent intellectuel, qui apparaît très respectable. C'est une copie humaine de Jean-Luc Mélenchon mais c'est la même brutalité et le même sectarisme", observe un cadre socialiste.

leo/jmt/swi