Mathilde Hignet, députée NUPES veut changer le congé maternité à l’Assemblée Nationale

En cas de grossesses, les députées ne sont pas remplacées dans l’hémicycle.
STEPHANE DE SAKUTIN / AFP En cas de grossesses, les députées ne sont pas remplacées dans l’hémicycle.

STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

En cas de grossesses, les députées ne sont pas remplacées dans l’hémicycle.

POLITIQUE - À l’Assemblée nationale, une députée enceinte n’a pas de congé maternité. Son siège est laissé vacant et elle n’est pas être remplacée pendant le laps de temps où elle s’absente. « C’est hallucinant », s’indigne la députée LFI Mathilde Hignet, elle-même enceinte, et qui entend bien faire évoluer la loi.

Vendredi 16 septembre, la députée d’Ille-et-Vilaine déposera une proposition de loi qui vise à modifier légèrement l’article 25 de la Constitution pour « y rajouter simplement une ligne qui dirait qu’un député peut être remplacé ’temporairement, en cas de maternité ou en cas d’accueil d’un enfant’ par son suppléant », explique-t-elle ce jeudi dans Libération.

Les députées sont soumises à un régime particulier, car le mandat n’est pas un emploi. Il n’y a donc pas de reconnaissance d’un congé maternité - ou paternité - et les parlementaires ne sont pas remplacées par leur suppléant pour ce cas de figure. Seule possibilité : demander une délégation de leur droit de vote à un autre député, moyennant justificatif médical.

Pour faire évoluer les règles à l’Assemblée, il faut obligatoirement passer par une modification de la Constitution, garante de l’ininterruption de la vie parlementaire. « Ce qui n’est pas rien », souligne Mathilde Hignet. Au fil des années, plusieurs députées ont tenté de faire évoluer la loi... En vain.

En 2013, un amendement déposé par l’écologiste Éva Sas, au ventre alors arrondi, avait été jugé inconstitutionnel. « Je m’étais heurtée à des sourires polis : une majorité considérait que ce n’était pas un sujet », rembobine-t-elle pour l’AFP, en notant ne pas toujours avoir reçu « le soutien des femmes, peut-être par pudeur ».

« C’est le moment de faire bouger les choses»

Cette fois-ci, la proposition de loi est signée par tous les députés LFI et Mathilde Hignet entend la soumettre à tous les autres groupes politiques. Elle mise sur la féminisation récente de l’Assemblée - bien qu’elle soit moins paritaire que sous la précédente législature - et surtout, sur la récurrence des cas.

« On est quand même beaucoup, et plusieurs à être enceinte, dont la cheffe de la majorité Aurore Bergé. On a aussi une femme à la tête de l’Assemblée pour la première fois, je pense que c’est le moment de faire bouger les choses, de mettre sur la table les questions de parité, d’égalité hommes-femmes », explique Mathilde Hignet. Pour l’instant «  l’Assemblée nationale incarne parfaitement le mondre très patriarcal dans lequel nous sommes », déplorait quelques jours plus tôt auprès du HuffPost sa collègue LFI du Puy-de-Dôme, Marianne Maximi.

L’évolution de la Constitution sur ce point permettrait donc de rétablir un peu d’égalité dans l’hémicycle. Sans oublier que dans un contexte de morcellement de l’Assemblée depuis les dernières législatives, une voix de plus ou de moins peut faire toute la différence, surtout pour la majorité relative Renaissance. Reste à savoir si, enfin, le texte aboutira.

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