Massacre de Tiananmen du 4 juin 1989: la mémoire verrouillée des Pékinois

Dans la capitale chinoise, 33 ans après, que reste-t-il du Printemps de Pékin, alors que la mémoire collective a été verrouillée par des années de censure ?

La grogne est revenue sur les campus en ce printemps 2022, raconte notre correspondant à Pékin, Stéphane Lagarde. Les images qui ont circulé sur les réseaux sociaux à l’université de Pékin ou de Tianjin, à l’est de la capitale chinoise ces dernières semaines montrent des jeunes gens rassemblés et scandant des slogans.

Sauf que cette fois, la colère vise les mesures de confinement qui les empêchent de rentrer chez eux. Une jeunesse en colère contre des barrières, les restrictions sanitaires et la bureaucratie, mais quand on demande à ces trois étudiants, ce qu’évoque pour eux le 4 juin, la réponse est hésitante. « Je sais qu’il y a un festival le 4 juin, mais je ne sais pas lequel dit l’un d’eux ? La fête des bateaux dragons demande un autre ? Ah non, n'est-ce pas plutôt quelque chose de rouge (référence au parti communiste) demande le troisième… C’est ça, c’est la liberté ! ». 4 juin 1989, jour de liberté, jour surtout de l’intervention de l’armée contre le soulèvement populaire à Pékin, mais aussi dans 300 villes de Chine.

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