Covid-19 : Masque sous le nez, les raisons d'une transgression

·1 min de lecture
© AFP

"Votre masque, s'il vous plaît!" Dans un train bondé, une septuagénaire distraite remonte le rectangle de polypropylène sur son nez et adresse un signe au contrôleur : "Oui, oui, pardon." Dans le carré d'à côté, deux jeunes gens remontent le leur précipitamment… et le rebaissent illico dès que le cheminot a le dos tourné. L'un hausse les épaules : "Ça me gêne avec mes lunettes." Et puis il n'est "pas persuadé" de son efficacité. Tête‑en-l'air ou rebelle assumé : chaque wagon semble avoir son dissident, susceptible de contaminer ses voisins par aérosols. De quoi irriter les "bons élèves" lassés de voir un nez dépasser du masque.

Car l'objet cristallise la complexité de la vie en société par temps de Covid-19 : sauf à s'équiper d'un FFP2 , la protection de chacun dépend davantage de la bonne application des gestes barrière par les autres que de son propre comportement. Mais derrière les nez qui pointent au-­dessus du masque, David Le ­Breton, anthropologue spécialiste du corps, voit surtout "du relâchement, un moment d'oubli" : "Même si pour certains on peut y voir une forme de transgression, de provocation à l'encontre du voisin, une manière de dire : 'Je ne suis pas un mouton comme les autres', ce sont des exceptions." Le chercheur pointe aussi une forme d'"hypocrisie sociale" : "Ils font semblant de respecter la loi ; si un contrôleur vient, ils peuvent le remonter."

Agir selon des normes sociales

Dans une étude en cours de rédaction auprès de 300 personnes en Seine-Saint-D...


Lire la suite sur LeJDD

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles