Masque dès 6 ans à l'école: comment s'est passée la rentrée pour les enfants?

Salomé Vincendon
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Rentrée scolaire à Vincennes le 1er septembre 2020 - Martin BUREAU © 2019 AFP
Rentrée scolaire à Vincennes le 1er septembre 2020 - Martin BUREAU © 2019 AFP

Depuis ce lundi, le port du masque est devenu obligatoire dans les écoles primaires, pour les élèves à partir de 6 ans, afin d'éviter la diffusion du coronavirus dans les établissements scolaires. Jusque-là, cette protection contre le Covid-19 n'était portée que par les élèves du collège et du lycée, ainsi que par le personnel encadrant.

Selon les observations de différents syndicats et professeurs des écoles, cette règle a été bien respectée par les élèves, et globalement par les parents.

"La consigne est plutôt bien passée"

"J'ai un petit stock de masques, et j'étais persuadé que lundi matin j'allais devoir en distribuer à des enfants qui n'en avaient pas, mais tout le monde en portait un", explique à BFMTV.com Pierre Favre, vice-président du syndicat SNE (Syndicat national des écoles) et directeur d'une école accueillant 180 élèves dans l'Ain.

"Globalement la consigne est plutôt bien passée", confirme Dominique Bruneau, membre du syndicat Sgen-CFDT, en charge de l'enseignement du 1er degré. "Il y a eu peu de remontées de parents qui ont refusé de faire porter un masque à leurs enfants, même s'il y en a eu", déclare-t-il.

"Arriver avec un masque était un gros changement pour eux, c'était le sujet de la journée", note auprès de BFMTV.com Guislaine David, co-secrétaire générale et porte-parole du syndicat des instituteurs et professeurs des écoles SNUipp-FSU. "C'est compliqué pour eux au départ, mais ils ont bien compris qu'il fallait le porter. Souvent, les enfants s'adaptent plus vite que les adultes", ajoute-t-elle.

"Les masques ne sont pas forcément adaptés"

Tous notent en revanche que les enfants n'arrivent pas avec les mêmes masques. "Il y a ceux qui arrivent avec un masque à leur taille, chirurgical, et ceux qui ont le masque d'un parent bricolé avec une épingle", explique Pierre Favre. "Les masques ne sont pas forcément adaptés, et cela pose question", abonde Dominique Bruneau.

"Ce qui n'est pas normal c'est que ce sont les familles qui doivent équiper les enfants", note en revanche Guislaine David, qui rappelle que cette protection "a un coût", et que tous les parents ne peuvent pas se le permettre. Certaines municipalités, comme Lille, ont donnés des stocks de masques aux établissements scolaires au cas où.

Chez les enfants, l'adhésion est mitigée. "Il glisse tout le temps, je ne supporte pas le masque", explique Emma, 6 ans, à BFMTV, alors que pour Elena, âgée du même âge, "ça va". En arrivant le matin "certains étaient contents de dire 'vous avez vu mon masque'", explique à BFMTV Sébastien Marchal, directeur du premier degré de l'Institution Sainte Chrétienne-La Salle.

"Il a bien été rappelé comment il fallait le porter"

Mais "en fin de journée la tendance était un peu différente, on sentait bien qu'à midi quand ils courraient dans la cour c'était plus gênant qu'autre chose", raconte-t-il. "Il a fallu régulièrement aujourd'hui rappeler le fait de monter le masque au-dessus du nez et ne pas le laisser en-dessous du nez, des petites choses comme ça, mais ils l'ont porté toute la journée malgré tout".

Pierre Favre dit avoir observé quelques relâchements également dans la journée, rattrapés par les instituteurs. Mais globalement, les enfants semblent avoir compris les consignes du port du masque. "Depuis le printemps les maîtres et maîtresses enseignent les gestes barrières", rappelle-t-il, "et les enfants suivent la consigne". "Il a bien été rappelé comment il fallait le porter, ne pas le toucher, ou quand fallait le changer", déclare Guislaine David.

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"J'ai expliqué qu'il fallait surtout garder le masque toute la journée et qu'il ne fallait surtout pas qu'elle les échange avec les copains. C'est important qu'ils ne se contaminent pas entre eux", explique à BFMTV.com Aurélie, mère d'enfant en école primaire.

Une mesure efficace?

La difficulté se situe peut-être au niveau de l'apprentissage des plus petits en difficultés. "À 6, 7 ans, c'est l'âge où ils apprennent la lecture. Avec le masque, il peut y avoir des difficultés d'apprentissage pour corriger les prononciations", déclare Dominique Bruneau. Le masque "peut-être une difficulté pour les plus timides, qui s'expriment moins, ou ceux qui ont du mal à s'exprimer", ajoute Guislaine David.

Reste à voir si cette nouvelle mesure de protection sanitaire aura un effet sur la diffusion de la Covid-19 dans les établissements scolaires. Dans un point diffusé le 16 octobre, le ministère de l'Éducation nationale recensait 8223 élèves contaminés par la Covid-19 (0,07% de tous les élèves en France), et 2063 membres du personnel des écoles (0,18%).

"C'est une mesure barrière supplémentaire, c'est sûr, mais il n'est pas certain que cela va suffire", déclare Guislaine David. Avec 100% des enfants de retour à l'école, "il y a toujours le brassage des élèves", et une distanciation sociale difficile à appliquer dans les salles de classe ou à la cantine.

Article original publié sur BFMTV.com