Masoud Pezeshkian, un président réformateur ouvert à l’Occident, arrive au pouvoir

Âgé de 69 ans, chirurgien cardiaque de profession et député, Masoud Pezeshkian n’a pas une grande expérience dans l’exécutif. Quasi inconnu, il a été ministre de la Santé de 2000 à 2004 dans le gouvernement réformateur de Mohammad Khatami. Ce dernier, tout comme l’ancien président modéré Hassan Rohani, a soutenu à plusieurs reprises ces derniers jours la candidature de Pezeshkian.

Masoud Pezeshkian était “le phénomène de cette élection”, indique le quotidien Farhikhtegan, soulignant que “personne ne pariait sur sa victoire”. Toutefois, une partie de la communauté universitaire, des artistes et des militants se sont mobilisés en sa faveur. De leur côté, les opposants de la diaspora et les prisonniers politiques en Iran ont boycotté le scrutin.

Pezeshkian a obtenu plus de 16 millions de voix (53,6 %) sur 30 millions des votes contre plus de 13 millions de voix pour son adversaire, Saïd Jalili, poids lourd des ultraconservateurs, connu pour son inflexibilité face à l’Occident. La participation pour ce deuxième tour s’est élevée à 49,8 %, après un premier tour le 28 juin marqué par une abstention historique.

Durant la campagne électorale, M. Pezeshkian a promis d’entamer un dialogue avec l’Occident et de poursuivre une politique de désescalade avec les États-Unis, pays que le régime iranien considère comme son ennemi. Il a promis de mettre fin aux restrictions sur Internet, mais aussi à la présence de la police des mœurs, chargée d’appliquer l’obligation du voile aux femmes dans la rue.

Pour rappel, la mort de Mahsa Amini, détenue par cette unité de police, avait provoqué un vaste mouvement de contestation dans le pays à l’automne 2022. À l’époque, M. Pezeshkian était l’un des rares politiciens à avoir dénoncé vivement les autorités pour ce drame.

Lors des débats télévisés, le politicien réformateur a plaidé pour accroître la présence des minorités religieuses et ethniques, ainsi que des femmes, dans le système politique iranien. Ainsi, le quotidien Farhikhtegan affiche l’espoir que le nouveau président “puisse réduire les fractures sociales et ethniques” dans le pays et “utiliser des élites” dans son gouvernement.

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