Mascottes des JO 2024 « made in China » : le gouvernement répond aux critiques

Les mascottes des JO de Paris 2024 seront en grande partie fabriquées en Chine. Seulement 20 % de la production sera fabriquée dans l’Hexagone.
Capture d’écran @PARIS2024 Les mascottes des JO de Paris 2024 seront en grande partie fabriquées en Chine. Seulement 20 % de la production sera fabriquée dans l’Hexagone.

JEUX OLYMPIQUES - À peine dévoilées, les fameuses mascottes des Jeux olympiques n’en finissent plus de faire parler d’elles. Si la première réaction de certains internautes face au visuel des « Phryges » a été d’y voir un organe féminin bien précis, ce mardi 15 novembre, c’est plutôt la question de leur fabrication qui pose problème.

L’ancien secrétaire d’État Yves Jégo, fondateur du label Origine France Garantie, a ainsi vertement critiqué la fabrication en grande partie chinoise des petites mascottes des JO de Paris 2024.

Au point où le gouvernement est contraint d’assurer le service après-vente. Roland Lescure, ministre délégué chargé de l’Industrie, s’est chargé d’essayer d’éteindre la polémique grandissante autour du problématique « made in China » d’une très grande partie de la production de ces produits dérivés des JO de Paris.

« J’ai réuni la semaine dernière à Bercy une vingtaine d’entreprises qui relocalisent cinq objets du quotidien, des montres, des vélos, des jouets… Il y avait notamment Doudou et Compagnie qui était là. 20% (des mascottes), ce n’est pas assez mais c’est quand même mieux que rien, vont être fabriquées en France. Pour cela, ils vont accroître la taille de leur usine en Bretagne, recruter des salariés », a d’abord expliqué le ministre dans l’émission Apolline Matin sur RMC.

« Je préférerais en faire 100 %, comme Yves Jégo. C’est déjà un bon début, il faut continuer. Il faut que – pas pour les prochains JO parce que ça sera peut-être dans 100 ans – mais peut-être pour la prochaine compétition sportive, on ait des mascottes qui soient complètement made in France », reconnaît toutefois Roland Lescure sur la question.

Pour justifier la fabrication chinoise des peluches, les organisateurs des JO de Paris avaient quant à eux avancé l’idée que « la très grande majorité des peluches vendues en France » venaient de Chine, d’où la décision de confier une majeure partie de la production aux Chinois.

Yves Jégo révolté

Une réaction de l’exécutif qui intervient peu de temps après la prise de parole révoltée d’Yves Jégo, considérant que l’annonce de la répartition France/Chine sur la fabrication des « Phryges » fait l’effet d’une « douche froide ».

« Au lieu de dire 20 % en France et 80% en Chine, ça aurait été bien de dire 80% en France et 20% en Chine. Ça, c’était correct, c’était un good deal. Moi, je n’ai pas envie que Marianne parle chinois », a déclaré Yves Jégo sur RMC ce mardi matin.

« Au lendemain du salon du made in France, cette annonce a été une douche froide pour tous ceux qui espéraient que ces Jeux olympiques soient made in France. Le bonnet phrygien, symbole de la République… Moi, je ne sais pas comment on dit Marianne en chinois. On nous a vendu un bonnet phrygien chinois. C’est très symbolique », a également regretté l’ancien député et secrétaire d’État chargé de l’Outre-mer.

Un constat amer qui démontre le manque d’ambition du Comité olympique selon Yves Jégo : « Avoir confié ça aux Chinois, c’est un signe très négatif d’un abandon de la volonté d’essayer. On n’a pas même pas essayé, on n’a même pas lancé un appel aux entreprises françaises. Si on ne veut plus d’usines, il suffit de le dire ».

Si elles seront fabriquées en grande partie en Chine, les petites mascottes rouges des JO de Paris 2024 seront toutefois commercialisées par des entreprises françaises : Doudou et Compagnie ainsi que Gipsy.

Dévoilées en grande pompe lundi par le Comité olympique, la Phryge Olympique et la Phryge Paralympique ont pour but de se démarquer des précédentes mascottes des Jeux, presque toujours associées à des animaux. « On a eu envie de se démarquer et de ne pas choisir un animal mais un idéal », avait notamment expliqué le président du comité d’organisation Tony Estanguet.

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