«Maryline», de tournages en tournées

Libération.fr

Porté par la présence d’Adeline d’Hermy, le film de Guillaume Gallienne retrace avec justesse le parcours d’une actrice mutique et alcoolique.

On est dans les années 70, devant une jeune fille qui s’appelle Maryline, et non Marilyn. Elle est blonde comme la star hollywoodienne, la peau laiteuse, elle a grandi dans un petit village jamais nommé mais dont le film montre le café, ses alcoolos type, l’église, l’herbe verte, et elle aussi veut devenir actrice. Maryline, le deuxième film de Guillaume Gallienne (après le succès de les Garçons et Guillaume, à table !) est avant tout l’occasion de découvrir son interprète principale, Adeline d’Hermy, sociétaire de la Comédie-Française, présente dans chaque plan, et qui incarne donc avec une grande dextérité la jeune fille au prénom prédestiné.

Maryline souffre d’une particularité : elle est taiseuse. Même les répliques de ses rôles, elle ne peut pas les extirper de sa bouche, au grand dam des metteurs en scène qui l’emploient, et qui utilisent encore de la pellicule - ça coûte cher. Le début du film cogne avec l’actualité, il montre Maryline se faire sadiser par un cinéaste polyglotte (Lars Edinger, en pleine forme), qui lui demande «juste de jouer», d’irradier, «en n’importe quelle langue», puisqu’elle ne parvient pas à parler l’anglais avec l’accent cockney comme il l’exige d’elle, d’arrêter d’être une «merde» inerte, tout en lui chuchotant qu’il l’a prise parce qu’il l’aime, parce qu’elle a quelque chose, en abusant du brûlant et du glacial affectif et de son pouvoir. Des jeunes paysannes dansent avec une couronne dans les cheveux, la référence au Tess de Roman Polanski est explicite, et la situation d’humiliation sur un tournage, qui aurait semblé caricatural il y a quelques mois, sonne soudainement juste.

A la suite de ce traumatisme, Maryline arrête le cinéma. «Je ne veux plus décevoir», explique-t-elle. On la voit alors trier du courrier, picoler avec le patron, picoler au café, picoler en solitaire, l’alcool fait (...)

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