Marseille: ne pas finir en roue libre

Emmanuel BARRANGUET
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Le milieu marseillais Rémy Cabella (d) congratulé par ses camarades après avoir signé l'ouverture du score face au Gazélec à Ajaccio, le 9 mars 2016

Distancé en Ligue 1, Marseille doit se recentrer pour ne pas gâcher sa fin de saison, en commençant par le match à Lorient (17h00), samedi pour la 30e journée, ne serait-ce que pour préparer la Coupe de France.

"Si on finit en roue libre, ça peut être une catastrophe", a prévenu le capitaine Steve Mandanda. Mais c'était avant le triste nul à Ajaccio (1-1), énième occasion manquée de recoller un peu au peloton des chasseurs européens.

"Venir vous voir en disant: +Ca va changer+, une fois, deux fois, trois fois... Ca ne sert à rien", ajoutait le portier de' l'OM, qui ne veut plus entendre parler de podium.

La critique se cristallise autour de Michel, qui n'a pas réussi à donner durablement un jeu collectif à son équipe, aperçu seulement épisodiquement, comme la grosse première mi-temps à Bilbao (1-1 finalement et élimination de l'Europa League), ou encore contre le Paris SG (deux défaites 2-1).

"Peut-être ne sommes-nous pas assez bons, peut-être notre niveau est là", a lâché Michel vendredi dans une conférence de presse où il a ferraillé avec les journalistes.

- 'Les critiques sont méritées' -

"Peut-être que les gars (+chicos+) ne peuvent pas aller au-delà, et l'entraîneur non plus, peut-être que notre effectif ou notre jeu ne nous permet pas d'être meilleurs, et que notre classement est mérité", a-t-il ajouté.

"Les critiques sont méritées", a reconnu Michel, dont l'équipe n'a plus gagné en L1 depuis le 2 février à Montpellier (1-0. Mais après ce bref moment d'autocritique, il a reproché aux journalistes de "chercher parfois la petite bête".

"Si vous dites mon équipe a mal joué à Ajaccio, vous publiez une réalité, mais si vous dites que c'est parce que j'ai de mauvaises relations avec les joueurs, c'est un mensonge", s'est défendu l'Espagnol.

"Pourquoi, il y a un problème avec le coach?" a répondu sèchement sur le sujet Alaixys Romao. "Il n'y a pas de souci avec l'entraîneur, on lui fait confiance il nous fait confiance", a martelé le milieu togolais, qui devrait être titulaire à Lorient, un de ses anciens clubs, en l'absence de Lassana Diarra, que Michel souhaite encore ménager.

"Le groupe vit bien, la réponse type du footballeur", a plaisanté Romao.

- L'Espoir Boutobba ne veut pas signer -

D'accord, mais même les jeunes quittent le navire... L'espoir Bilal Boutobba a refusé de signer professionnel à l'OM. "J'ai besoin d'un projet sportif et il n'y en a pas", a-t-il confié au journal La Provence.. Plus jeune joueur à évoluer en L1 à l'OM, à 16 ans et 3 mois en décembre 2014, il a refusé de son propre aveu "une belle offre".

"Si je signe à l'OM, je sais que je me perds", ajoute-t-il. Ce petit épisode de "Moins belle la vie olympienne" résonne avec l'actualité du club. Depuis le glorieux Samir Nasri, aucun jeune du centre de formation ne s'est imposé durablement en équipe première.

"Je ne sais pas qui aura fait le meilleur choix de Boutobba ou de (l'attaquant Antoine) Rabillard", passé pro en début de semaine, a simplement commenté Michel.

Revenant au match à Lorient, sur un synthétique qui l'incite à ne pas emmener Romain Alessandrini, longtemps blessé à la voûte plantaire", Michel trouve "normal que le moral soit bas" dans son groupe, mais "il faut jouer chaque match de Ligue 1 à fond jusqu'à la fin, il reste une chance, et en plus c'est une excellente façon de préparer la Coupe", avec la demi-finale à Sochaux (L2) le 20 avril, la meilleure carte européenne de l'OM.

"On ne va pas lâcher notre club", ajoute Romao, qui reste optimiste: "Les occasions, on les a. L'objectif reste le même, finir dans les cinq, six premiers". Le premier objectif est de ne pas finir en roue libre.