Marseille: le "McDo" de Saint-Barthélémy officiellement en liquidation judiciaire

Marseille: le "McDo" de Saint-Barthélémy officiellement en liquidation judiciaire

Marseille (AFP) - Le McDonald's marseillais du quartier populaire de Saint-Barthélémy, au cœur depuis 18 mois d'un combat acharné de ses salariés pour sauver leurs emplois, a été officiellement placé en liquidation judiciaire jeudi, laissant une soixantaine de salariés sur le carreau.

L'infime espoir de voir la période de sauvegarde prolongée s'est éteint jeudi à 12H00 avec la publication du jugement, faute d'offre de reprise pour ce fast-food d'un arrondissement déshérité de Marseille.

Selon l'administratrice judiciaire désignée à l'ouverture de la période de sauvegarde et citée dans le jugement du tribunal, la trésorerie du restaurant est "exsangue" et ne permettra pas le versement des salaires de décembre.

"Il apparaît à l'évidence au tribunal que l'entreprise n'est plus viable et qu'aucune solution de redressement n'est possible", concluent les magistrats au sujet de ce restaurant ouvert par le géant mondial du fast-food en 1992, en présence de Martine Aubry, alors ministre du Travail.

"McDo" était même devenu le deuxième employeur privé dans ce XIVe arrondissement où le taux de pauvreté dépasse les 40%.

Pour Ralph Blindauer, avocat des salariés, la liquidation judiciaire était en fait l'objectif recherché par la multinationale depuis le début, le 7 mai 2018, quand le franchisé, Jean-Pierre Brochiero, avait annoncé sa décision de vendre ses six McDonald's marseillais, dont ce restaurant de Saint-Barthélémy.

McDonald's France a "fait faire le sale boulot par le tribunal", insiste l'avocat, avec pour seul réel objectif, selon lui, de se débarrasser de Kamel Guemari, délégué du personnel FO, arrivé en 1998 à 16 ans et désormais sous-directeur: "Dans le monde McDo où les représentants syndicaux s'achètent ou se jettent, il était un gêneur", après avoir obtenu de nombreuses avancées pour les salariés.

M. Brochiero, le franchisé, avait cédé cinq de ses "McDo" en septembre 2018 à un autre franchisé marseillais, mais il n'avait jamais trouvé de repreneur pour celui de Saint-Barthélémy.

"Juridiquement, ce n'est pas terminé", a espéré M. Guemari jeudi auprès de l'AFP, en évoquant les poursuites engagées au pénal contre le franchisé et McDonald's France et notamment pour association de malfaiteurs en vue de commettre une escroquerie ou pour tentative d'extorsion de signatures de salariés.

Me Blindauer avait également déposé une plainte contre X pour tentative de meurtre contre M. Guemari quand une voiture avait apparemment tenté de le renverser en août.

Dès mercredi soir les salariés ont décidé l'occupation des locaux, sans attendre le jugement définitif. "Nous allons occuper le restaurant, comme cela a été voté en assemblée générale", insistait M. Guemari jeudi auprès de l'AFP, promettant "des samedis noirs à tous les McDo partout en France".

"McDo a décidé de nous faire un beau cadeau de Noël, mais il faut qu'ils assument leur responsabilité par rapport à ce franchisé qui a fait volontairement couler notre restaurant", poursuit le syndicaliste: "Normalement, quand une équipe de foot ne fait que perdre, on change l'entraîneur. Eux, ils ont décidé d'éliminer les joueurs: les salariés "