A Marseille, Marine Le Pen appelle à l'"insurrection nationale"

Marine Le Pen a appelé les Français à une "insurrection nationale", mercredi lors d'un meeting à Marseille, martelant les thèmes fondateurs du Front national, comme l'identité nationale et la sécurité, pour remobiliser le coeur de son électorat à quatre jours du premier tour de l'élection présidentielle. /Photo prise le 19 avril 2017/REUTERS/Robert Pratta

MARSEILLE (Reuters) - Marine Le Pen a appelé les Français à une "insurrection nationale", mercredi lors d'un meeting à Marseille, martelant les thèmes fondateurs du Front national, comme l'identité nationale et la sécurité, pour remobiliser le coeur de son électorat à quatre jours du premier tour de l'élection présidentielle.

Au lendemain de l'arrestation à Marseille de deux hommes soupçonnés de préparer des attentats contre la campagne présidentielle, la salle de spectacle accueillant la rencontre avait été placée sous haute surveillance.

Une vingtaine de blocs de bétons avaient été disposés devant le bâtiment pour éviter l'intrusion d'un véhicule et l'accès à la salle était encadré au niveau de deux points de contrôle et d'un portique de sécurité.

Près de 500 manifestants ont pourtant tenté de rejoindre la salle pour protester contre la tenue du meeting mais ils ont été stoppées à distance par les forces de l'ordre qui ont fait usage de gaz lacrymogène selon un photographe de Reuters.

La présidente du FN a adressé aux 5.000 militants présents un "message d'insurrection nationale pour rendre la France à son peuple", prédisant la "fin d’un cycle" qui va balayer, selon elle, les "faiseurs de rêve" comme le "filandreux M. Macron" ou Jean-Luc Mélenchon, le "communiste de plus en plus rose".

Elle a réaffirmé sa volonté de mettre fin à la "libre circulation des délinquants et des terroristes" par la restauration des frontières, une mesure qu'elle prendra  "dès le premier jour de (son) élection".

"Je serai une présidente qui protège", a-t-elle souligné, estimant que le terrorisme n'était pas une "fatalité".

Elle a réaffirmé sa volonté "d'embaucher 6.000 douaniers pour protéger les frontières", "d'expulser immédiatement les fichés S étrangers dans leurs pays", "d'instaurer la déchéance de nationalité pour les binationaux fichés S" et encore de "fermer les mosquées radicales et d'expulser les prêcheurs de haine".

Elle a de nouveau fait le lien entre "immigration massive et délinquance qui augmente", et a promis la mise en place d’un moratoire sur l'immigration légale si elle est élue, de même que la fin du rapprochement familial et l’expulsion de tous les clandestins.

Durant plus d'une heure, Marine Le Pen a décliné les thèmes chers à son parti, la préférence française, la priorité nationale à l'emploi et le patriotisme économique, édictant les mesures d'économies qu'elle préconise pour sauvegarder la protection sociale.

Elle a exhorté ses militants à transformer "la victoire idéologique en victoire politique", dimanche lors du premier tour du scrutin présidentiel.

"Il me faut dimanche le plus haut score possible, c'est la condition de notre victoire au second tour. Pas d'abstention, pas de dispersion, tous au rendez-vous", a-t-elle conclu.

Longtemps donnée en tête du premier tour de l'élection présidentielle par les sondages, la présidente du Front national n'est désormais plus certaine de se qualifier pour le second tour, alors que les enquêtes la donnent au coude-à-coude avec Emmanuel Macron, François Fillon et Jean-Luc Mélenchon.

(Jean-François Rosnoblet, édité par Myriam Rivet)

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