Marseille : la maire fantôme et son omniprésent premier adjoint

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Michèle Rubirola, élue en juillet, et son adjoint Benoît Payan forment un attelage étonnant où chacun préférerait être à la place de l’autre. Dans la cité phocéenne, beaucoup se demandent combien de temps cela tiendra.

Ce jeudi 5 novembre, deux ans jour pour jour après le drame de la rue d’Aubagne, un hommage est rendu aux huit personnes tuées dans l’effondrement de deux immeubles. Le moment est attendu. La nouvelle équipe municipale a promis de faire bouger les choses sur le terrain du logement. Mais ce jour-là, Michèle Rubirola n’est pas là. Cas contact, elle est à l’isolement, chez elle. «Ce n’est pas en quatre mois qu’on peut lutter contre vingt-quatre ans d’habitat indigne », explique-t-elle au téléphone sur les ondes de France Bleu Provence. Sur place, son premier adjoint, Benoît Payan, la représente. Empruntant un habit qu’il rêve d’endosser.

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Ils fonctionnent en duo là où, pendant vingt-cinq ans, Jean-Claude Gaudin a régné en maître. Michèle Rubirola, 64 ans, médecin dans les quartiers nord pour l’Assurance maladie, a été élue maire en juillet. «Parce qu’il fallait une tête de liste», répète depuis cette féministe, antimilitariste, qui a rejoint les Verts en 2002. «Ça lui est tombé dessus, mais elle en a les capacités », analyse Jean-Luc Bennahmias, ex-élu écolo passé un temps par le MoDem, fin connaisseur de la politique locale. Le socialiste et ambitieux Payan s’est effacé au profit de sa binôme pour permettre la victoire de la gauche à Marseille. Ces deux-là se sont trouvés il y a cinq ans déjà, pour les départementales. « On a inventé quelque chose en 2015 », se souvient Benoît Payan. Tout le monde leur prédit l’échec, prétendant que l’écologie n’est pas soluble dans le social et inversement. Au second tour, ils emportent le canton de Marseille face au Rassemblement national avec 67% des suffrages. «Aux municipales, on nous a expliqué qu’on était des rigolos, dit-il(...)


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