Marseille: l'IGPN saisie après l'interpellation violente d'un couple en pleine nuit

Alexandra Gonzalez avec Hugo Septier
·3 min de lecture
Capture d'image de l'interpellation - La Provence
Capture d'image de l'interpellation - La Provence

Après quatre jours de silence, les autorités réagissent. Dans un communiqué publié ce lundi, la préfecture de police des Bouches-du-Rhône est revenue sur l'arrestation de deux personnes dans la nuit de jeudi à vendredi dernier, au cours de laquelle plusieurs fonctionnaires de la BAC Centre de Marseille ont interpellé deux personnes. La scène, qui a été filmée, montre les policiers en train d'asséner des coups à l'un des interpellés, tandis que sa compagne, qui tente de s'interposer, est projetée au sol.

Dans un communiqué, la préfecture souligne que l'IGPN a été saisie par le parquet de Marseille dans ce dossier, du chef de violences par personnes dépositaires de l’autorité publique ayant entraîné une ITT inférieure à 8 jours.

40 heures de garde à vue

Comme le rappelle le quotidien régional La Provence, qui a diffusé les images de l'interpellation, ce jeudi-là, un riverain du quartier Saint-Charles de la cité phocéenne avertit les forces de l'ordre et se plaint d'un tapage nocturne. À leur arrivée, plusieurs personnes tentent de s'échapper par les échafaudages installés sur l'immeuble.

Parmi eux, Eliot, un jeune homme de 23 ans qui est interpellé par la brigade anti-criminalité. Dans une séquence glaçante filmée par un riverain, le vingtenaire est une première fois giflé plusieurs fois par un homme avant d'être traîné jusqu'à un véhicule. De son côté, sa petite amie de 32 ans est également violentée puis gazée sans raison par ce même policier, qui va également tenter de s'en prendre à un troisième individu.

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Tous deux seront gardés à vue durant 40 heures au commissariat de Noailles avant d'être relâchés avec un rappel à la loi. Comme l'explique encore La Provence, l'un des policiers mis en cause aurait souligné "avoir fait usage de la force nécessaire."

Deux policiers réaffectés temporairement

Si dans son communiqué la préfecture rappelle que l'interpellation "pour des faits d’outrage, de rébellion et de violences volontaires sur personne dépositaire de l'autorité publique" est un fait, il est également rappelé que les circonstances de cette interpellation "ont immédiatement été contestées par les mis en cause."

Dans l'attente des résultats d'une enquête administrative interne menée la Direction départementale de la sécurité publique des Bouches-du-Rhône, les deux policiers mis en cause ont été "réaffectés, à titre conservatoire, sur des fonctions n’impliquant pas de missions sur la voie publique."

À l'antenne de BFMTV, l'avocat des deux interpellés, Maître Thomas Hugues, assure qu'il n'existe "aucune explication plausible" à la violence de cette nuit-là. "Ce sont des violences aggravées avec trois circonstances aggravantes, c'est indescriptible." Ce dernier souligne "avoir porté plainte, lancé l'IGPN et le Défenseur des droits. On ne doit pas laisser passer cela. S'il n'y avait pas la vidéo, ils auraient été poursuivis", explique-t-il à propos de ses clients, ajoutant que l'un d'eux souffre de contusions et reste extrêmement marqué par les événements.

Article original publié sur BFMTV.com