A Marseille, "l'argent public a été gaspillé", fustige le maire Benoît Payan

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"L'argent public a été gaspillé, jeté, bradé": le maire socialiste de Marseille Benoit Payan a fustigé mardi l'héritage financier "catastrophique" laissé par la droite à l'occasion de la remise d'un audit commandé après la victoire de la gauche aux municipales.

"Ce bilan (...) c'est une dette mal gérée, des patrimoines bradés, du gaspillage dans des événements inutiles, des investissements faramineux mal négociés (...) des caisses vides et les Marseillais abandonnés. C'était un secret de polichinelle mais cela devient maintenant un fait dûment analysé et documenté", a expliqué l'édile en présentant l'audit à la presse aux côtés de plusieurs de ses adjoints.

Ce document devrait alimenter le débat d'orientation budgétaire de la ville prévu lundi en conseil municipal, avant le vote du budget fixé le 22 mars.

En novembre 2019, la chambre régionale des comptes avait déjà dressé un bilan au vitriol de la gestion de l'ancien maire Jean-Claude Gaudin (LR), à la tête de la ville pendant 25 ans, "mais son analyse s'arrêtait aux comptes de 2017", a précisé l'adjoint au maire chargé des finances, Joël Canicave, selon qui la situation a encore empiré les trois années suivantes.

Le principal point noir pointé par l'audit, réalisé par le cabinet Deloitte, porte sur la capacité très limitée d'investissement de la ville, plombée par une dette chiffrée fin 2020 à 1,54 milliards d'euros. Fin 2019, selon l'audit, la ville ne disposait dans ses caisses que de 13 millions d'euros pour investir -- une capacité d'autofinancement même négative, à -20 millions d'euros, dans le budget 2020, selon Joël Canicave.

La crise du Covid n'a pas arrangé les finances municipales avec des dépenses supplémentaires chiffrées à 100 millions d'euros.

"On ne peut pas accepter ce déclin, se résigner à l'austérité. On va relever cette ville", a toutefois assuré Benoît Payan. "Fini les dépenses somptuaires, le bling bling et les paillettes. On connait nos priorités: l'école, le logement, l'environnement et ensuite, la propreté et les transports", a-t-il rappelé.

Et pas question pour réaliser ce programme d'emprunter à tout va. "La dette de la ville ne devra pas avoir augmenté à la fin du mandat", a expliqué Joël Canicave.

Dans ce cadre, la question sensible d'une augmentation des impôts reste en suspens. "On ne fera rien qui abîme le tissu social marseillais", a promis Benoît Payan. Déplorant "des marges de manoeuvre fiscales extrêmement étroites", le maire a fustigé la gestion passée de la droite qui "a écrasé les Marseillais avec une taxe d'habitation injuste que tout le monde (payait) en laissant la taxe foncière, l'une des plus faibles de France, dans un état végétatif".

Le maire de Marseille espère pouvoir bénéficier d'aides extérieures: du département, de la région, d'investisseurs et surtout de l'Etat, et précise vouloir rencontrer le président de la République Emmanuel Macron.

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