Marseille : le retour d’un géant ultra violent terrorise l’hôpital psychiatrique

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Un patient ultra violent terrorise les hôpitaux psychiatriques du sud-est de la France - Getty Images/iStockphoto (Getty Images/iStockphoto)

Ce lundi 31 janvier, un patient ultra violent surnommé "Monsieur D" va réintégrer le pôle psychiatrique de l’hôpital de La Conception. Bien connu des soignants pour son agressivité, l’annonce de son arrivée a provoqué 14 arrêts-maladies.

Tous les médecins qui l’ont suivi sont d’accord : "Monsieur D." est un cas unique en France. Âgé d’une cinquantaine d’années, ce géant de 2,04 mètres connu pour sa force herculéenne et ses incontrôlables accès de violence va réintégrer le pôle psychiatrique de l’hôpital marseillais de La Conception, rapporte le journal La Provence. Seul problème, le personnel a tellement peur de lui qu’il refuse de s’en occuper et se met en arrêt maladie.

"Deux infirmières ont dû sauter par la fenêtre pour lui échapper"

Si les 14 agents du pôle psychiatrique ont pris cette décision drastique, c’est parce qu’ils connaissent bien ce patient. Suivi depuis l’âge de 16 ans, il écume tous les centres hospitaliers de la région depuis près de dix ans. Et à chaque fois qu’il passe dans une unité psychiatrique ouverte, il agresse des patients, des malades, détruit du matériel ou tente de s’échapper. Violent dès qu’il est frustré, il serait absolument impossible à contrôler. "Il casse tout, y compris les soignants… Il faut jusqu’à 19 personnes pour le maîtriser. Deux infirmières ont dû sauter par la fenêtre pour lui échapper", raconte un infirmier à nos confrères de La Provence.

Le personnel à bout de nerfs

Même la police n’est pas toujours capable de contrôler cet homme à la force surhumaine. "Il avait réussi à sortir de l’hôpital, avait saccagé un bus, et retourné la voiture des policiers qui tentaient de l’appréhender", raconte un autre infirmier ayant eu comme mission de s’occuper de "Monsieur D.". Pour rendre la vie des soignants plus supportable, deux experts psychiatres ont trouvé une solution unique dans le pays : un système tournant permettant au patient de ne rester que six mois dans chacun des établissements psychiatriques de la région. Ce à quoi s’ajoute le financement de sept équivalents temps plein d'infirmiers pour la gestion de son cas.

Malgré ces mesures et un séjour prévu de 40 jours, les 14 agents de l’unité qui doit l’accueillir se sont mis en arrêt maladie. Quant aux infirmiers des autres services, ils ont décliné la proposition de faire des heures supplémentaires pour pallier le manque de personnel. En fin de semaine dernière, le syndicat FO de l’AP-HM (Assistance Publique - Hôpitaux de Marseille) a déposé un préavis de grève. Car derrière le cas terrifiant de "Monsieur D.", c’est bien le manque de moyens et de personnels qui abîme le plus les conditions de travail de ceux qui consacrent leurs vies à la psychiatrie.

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