A Marseille, Hamon s'en prend à la "chimère" Macron

Benoît Hamon a durci le ton de sa campagne envers le "candidat chimère" Emmanuel Macron, mardi lors d'une réunion publique à Marseille, fustigeant les socialistes qui envisagent un "vote utile" en faveur de l'ancien ministre de l'Economie pour faire barrage à Marine Le Pen. /Photo prise le 2 mars 2017/REUTERS/Philippe Wojazer

MARSEILLE (Reuters) - Benoît Hamon a durci le ton de sa campagne envers le "candidat chimère" Emmanuel Macron, mardi lors d'une réunion publique à Marseille, fustigeant les socialistes qui envisagent un "vote utile" en faveur de l'ancien ministre de l'Economie pour faire barrage à Marine Le Pen.

Le candidat socialiste à l'élection présidentielle d'avril-mai s'est en même temps voulu rassembleur, quitte à adoucir la mesure de son revenu universel.

"Je ne vais pas beaucoup vous parler de François Fillon, je constate une certaine lassitude", a commencé par lancer Benoît Hamon au début de son intervention devant 3.000 personnes, avant de cibler ses attaques sur Emmanuel Macron, qui le devance largement dans les sondages. "M. Macron, vous manquez du plus élémentaire sens social", a déclaré l'ex-ministre de l'Education.

"Ce n’est pas une garantie contre le Front national, c’est un projet qui peut accélérer la montée en puissance du Front national", a souligné Benoît Hamon. "C’est cela qu’il faut dire aujourd’hui, c’est cela qu’il faut assumer."

L'argument de Macron comme barrage au FN a été mis en avant mardi par le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, pour illustrer sa tentation de choisir le fondateur d'En Marche!, comme l'ont déjà laissé entendre des ministres comme Ségolène Royal, Patrick Kanner et Stéphane Le Foll. [nL5N1GK58K]

Sur le revenu universel, Benoît Hamon a annoncé vouloir proposer dans les jours qui viennent une nouvelle version de cette mesure emblématique de son programme, que ses détracteurs jugent trop coûteuse et impossible à mettre en place.

"Cette proposition permettra à une majorité de salariés, à une majorité d’actifs, à tous les jeunes de bénéficier d’un revenu quand ils n’en ont pas, ou d’un complément de pouvoir d’achat qui améliorera leur feuille de salaire net", a-t-il dit.

"Les conditions de financement surprendront parce qu’elles dénonceront toutes les prophéties apocalyptiques que l’on a pu entendre depuis des semaines", a-t-il pris soin d’ajouter.

Benoît Hamon n'a pas hésité pas à distribuer quelques bons points à la politique gouvernementale de François Hollande, notamment par un hommage appuyé à la politique globale de la ministre de l’Ecologie Ségolène Royal ou la mise en place du compte pénibilité par la ministre de la Santé, Marisol Touraine.

Le candidat socialiste à la présidentielle a déroulé les grandes mesures de son programme sur la vieillesse, la transition écologique et les services publics, affirmant par exemple vouloir renforcer les effectifs soignants et augmenter de 10% le minimum vieillesse, de même que tous les minimums sociaux "dès juin 2017". "La qualité d'un service public se mesure à la qualité qu’il offre", a-t-il estimé.

(Jean-François Rosnoblet, édité par Jean-Stéphane Brosse)

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