Marseille: deux marins-pompiers condamnés à six mois avec sursis pour "harcèlement"

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La balance de la Justice (illustration) - AFP
La balance de la Justice (illustration) - AFP

Insultes, brimades, arrachage brutal de caleçon: deux marins-pompiers de Marseille ont été condamnés lundi à six mois de prison avec sursis pour le harcèlement moral d'une jeune recrue.
Une peine de huit mois d'emprisonnement avait été requise à l'encontre des deux hommes le 18 octobre par le procureur Cécile Guyonvarch qui avait évoqué "un dossier bien loin de l'image d'excellence que veut renvoyer le bataillon des marins-pompiers". "C'est un type de comportement qui jette l'opprobre sur un corps que tout le monde admire pour sa bravoure", avait-elle fustigé. Les deux prévenus, en uniforme à l'audience, avaient réclamé leur relaxe "en l'absence du moindre élément de preuve", selon l'un de leurs avocats Me Romain Allongue.

Pas "formulé la moindre excuse"

Mais pour le tribunal dont l'AFP a pu obtenir le jugement mardi "les débats et éléments versés au dossier" apportent bien "la démonstration parfaite du délit de harcèlement":

"Il reste inadmissible et pénalement répréhensible, qu'une jeune recrue motivée, ayant préparé et réussi des épreuves d'un haut niveau, et alors même qu'elle intègre une unité aux missions de secours particulièrement délicates, se voie infliger de la maltraitance à titre de méthode pédagogique, de rites d'intégration ou d'exclusion, jusqu'à en perdre, non seulement ses moyens et sa motivation mais son équilibre psychologique et physiologique", a-t-il dénoncé dans ses motivations.

Constatant que les deux hommes n'ont pas "formulé la moindre excuse (...) ni même envisagé que leur comportement ait pu être perçu comme du harcèlement", il indique avoir toutefois pris en compte "le dévouement de ces personnels d'élite pour accomplir des missions délicates" et "la date des faits (2015), l'évolution des mentalités, des pratiques et traditions", pour "modérer considérablement la rigueur des sanctions".

Tentative de suicide

Le harcèlement subi avait poussé la jeune recrue à une tentative de suicide et à deux hospitalisations psychiatriques. Affecté en juin 2015 à la caserne Saint-Lazare, dans le centre de Marseille, le plaignant qui a depuis quitté le bataillon des marins-pompiers affirme avoir été rapidement pris en grippe et insulté quasi quotidiennement: "'Tu es un calamar', 'tu es une burne', 'tu sers à rien'"... Le jeune homme assure avoir également fait l'objet de petites claques répétées sur la nuque et d'un "caleçonnage", un rite d'intégration consistant à arracher le caleçon du marin sans lui retirer son pantalon. Une pratique douloureuse pour les testicules, avait noté la présidente du tribunal Karine Sabourin. Le jeune homme qui avait perdu vingt kilos et que des témoins décrivent comme "un fantôme" avait été muté au bout de six mois dans une autre caserne, en charge de missions informatiques, où il avait repris goût à son travail.

Article original publié sur BFMTV.com

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