Marseille: deux ans après les effondrements d'immeubles, le recueillement malgré le confinement

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Recueillement en mémoire des victimes de la rue d'Aubagne, le 5 novembre 2020 à Marseille, deux ans après l'effondrement de deux immeubles

Marseille: deux ans après les effondrements d'immeubles, le recueillement malgré le confinement

Recueillement en mémoire des victimes de la rue d'Aubagne, le 5 novembre 2020 à Marseille, deux ans après l'effondrement de deux immeubles

Huit minutes de silence, des tulipes, des bougies: malgré le confinement, quelque 300 personnes sont venues se recueillir jeudi à Marseille, deux ans après les huit morts dans l'effondrement de deux immeubles, révélateurs du drame de l'habitat indigne dans la ville.

Le 5 novembre 2018, à 09h05, huit personnes perdent la vie, en plein Noailles, quartier populaire à quelques mètres du Vieux Port, sous les gravats des 63 et 65 de la rue d'Aubagne, écroulés en l'espace de quelques secondes.

Jeudi matin, devant le vide laissé par ces deux immeubles, les personnes rassemblées ont d'abord respecté huit minutes de silence, torches ou fleurs à la main, à l'heure de l'accident. Puis Saleha Moudjari, chanteuse marseillaise de gospel, a entonné "Sometimes I feel like a motherless child", un negro spiritual.

Covid-19 et restriction sur les transports oblige, personne ou presque n'était là du côté des familles des victimes, exceptée Saïda, la cousine de Cherif, un homme de 36 ans disparu en même temps que Simona, Marie, Julien, Fabien, Ouloumé, Niasse et Tahar. Sans-papiers ou artistes, étudiante ou mère de famille, Français, Italienne ou Tunisien, c'est en leur mémoire que ce rassemblement a été organisé jeudi, par deux de ces collectifs citoyens nés dans le sillage du drame.

"Cas contact" au Covid-19 et donc confinée, Michèle Rubirola, la nouvelle maire de Marseille, élue en juin à la tête d'une large union de la gauche, était officiellement représentée sur place par son premier adjoint, Benoît Payan. De nombreux autres élus de la municipalité étaient également présents, dont Sophie Camard, la maire de l'arrondissement.

Aucune personnalité de l'ancienne municipalité LR, dirigée pendant 25 ans par Jean-Claude Gaudin et largement accusée d'avoir laissé prospérer l'habitat indigne dans la deuxième ville de France, n'a en revanche été vue sur place.

Interrogée sur France Bleu Provence jeudi matin, Mme Rubirola a précisé qu'elle se rendrait dès que possible "sur les lieux du drame, seule avec son premier adjoint, sans média autour, pour (se) recueillir".

Au passage, l'élue écologiste a confirmé qu'il y avait "beaucoup de choses à faire" en matière de lutte contre le logement indigne, mais que "malheureusement (...) les principaux outils appartiennent à la métropole" Aix-Marseille-Provence, toujours dirigée par les Républicains: "Ce n'est pas en quatre mois qu'on peut lutter contre 25 ans d'abandon de la ville, (...) et ça ne peut pas se faire d'un coup de baguette magique".

La métropole a répondu deux heures plus tard en annonçant un point de presse par visio-conférence, à 15h00, pour "un point d'étape sur les mesures déployées contre l'habitat indigne".

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