Marseille : les détenues photographiées par Bettina Rheims changent notre regard sur l'incarcération

Ariane Combes-Savary

Le regard profond et effronté ou triste et fuyant. Dans l'objectif de Bettina Rheims, elles ont chacune leur personnalité. Difficile d'imaginer que ces femmes-là vivent enfermées entre quatre murs. Pour certaines depuis des années. Qui sont-elles et qu'on-elles fait ? Peu importe. Ce qui compte ici c'est que chaque femme retrouve sa singularité, celle que l'incarcération tend à effacer.

Photographiées dans un studio improvisé, elles ont pu s'engager avec la photographe dans une démarche de reconstruction de leur identité féminine et amorcer un travail de restauration de leur image.


Il me fallait aller à la rencontre de femmes qui n'avaient pas fait le choix de vivre entre quatre murs. Nous avons beaucoup parlé. Elles se sont racontées, et j'ai tenté de leur offrir un moment hors de ce temps-là.

Bettina Rheims

novembre 2016


Balayer les clichés sur l'univers carcéral

La série Détenues propose un nouvel éclairage sur l'univers sensible et peu connu de la détention. "On doit s'interroger sur nos propres représentations, déclare Caroline Caccavale, commissaire de l'exposition. Qu'est-ce qu'on a comme imaginaire sur la prison. Est-ce que cet imaginaire n'est pas extrêmemnt réduit ?" Bettina Rheims tape dans le mille et balaie les lieux communs sur le monde carcéral.


De l'autre côté de l'œilleton, face aux Détenues de Bettina Rheims, une autre (...)

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