A Marseille, une avenue "Ibrahim-Ali", 26 ans après son assassinat par des colleurs d'affiches du FN

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"La reconnaissance de la ville pour un enfant de Marseille." Vingt-six ans après le drame, l'hommage. A Marseille, dans le 15e arrondissement, l'avenue des Aygalades sera enfin rebaptisée dimanche du nom d'Ibrahim Ali, un adolescent de 17 ans, tué en 1995 par un colleur d'affiches du Front national. Le dénouement d'un long combat, entamé par la famille et les proches de la victime, pour un lieu de mémoire à l'endroit du meurtre, mais longtemps ignoré par l'ancienne municipalité.

Un choc pour une génération 

Le 21 février 1995, en pleine campagne présidentielle, trois militants du Front national collent des affiches pour le candidat Jean-Marie Le Pen : Robert Lagier, Mario d’Ambrosio et Pierre Giglio. Deux des colleurs sont armés. Avenue des Aygalades, ils se retrouvent en face d'un groupe de jeunes en pleine course. Les colleurs disent avoir été agressés et font feu. Les jeunes, qui sortaient d'une répétition de leur groupe de rap B-Vice pour un spectacle au profit de la lutte contre le Sida, ont assuré qu'ils couraient pour attraper le dernier bus. Ibrahim Ali, 17 ans, d'origine comorienne, est touché par une balle dans le dos. Il décédera quelques minutes plus tard. Au procès, Bruno Mégret, délégué général du FN à l'époque, avait invoqué "une légitime défense". Un scénario balayé par l'avocat des parties civiles, Me Gilbert Collard, devenu depuis eurodéputé du Rassemblement national.

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