Marseille : l'automobiliste qui avait fini dans le Vieux-Port à cause de son GPS réclame justice

Le 2 mars dernier, un automobiliste avait fini dans le Vieux-Port à cause de son GPS. Aujourd'hui il réclame justice

À Marseille, début mars, un homme était tombé en voiture dans le Vieux-Port, mal guidé par son GPS. Aujourd'hui, il réclame justice et l'affaire pourrait se finir au tribunal.

Nasser, un Marseillais de 60 ans, n'oubliera probablement jamais le 2 mars 2020. Ce matin-là, alors qu'il fait encore nuit, et que la pluie s'abat sur la cité phocéenne, cet électricien résidant dans le 11e arrondissement lance son GPS pour se rendre à Saint-Henri (16e) pour une mission d'intérim.

Après avoir emprunté un tunnel à bord de sa Citroën C5, son GPS lui propose de prendre la sortie "Vieux-Port". Jusqu'ici tout va bien. Sauf que quelques secondes plus tard, après deux virages serrés, le sexagénaire se retrouve à l'eau sans comprendre ce qui lui arrive. "D'un coup, ça a fait boum, comme si je venais de me prendre un dos-d'âne (...) Là je panique, je sens que ça tangue", se remémore-t-il dans La Provence.

Pris au piège, l'intérimaire tente alors d'ouvrir sa portière. En vain. En dernier recours, alors que la peur est à son paroxysme, il parvient à ouvrir sa fenêtre - miraculeusement le système électrique fonctionnait toujours - et à grimper sur le toit de sa voiture. Au moment où sa Citroën commence à couler, Nasser décide de se jeter à la mer pour rejoindre la terre ferme, ce qu'il réussit à faire, frigorifié et tétanisé par l'angoisse.

Traumatisé par cette expérience - "Quand je repasse dans le secteur, je détourne mon regard de la mer" - et contraint de payer 2000 euros pour le remorquage alors qu'il n'en a pas les moyens, le sexagénaire a décidé d'engager une procédure contre le fabricant du GPS, le revendeur du GPS et la Métropole Aix-Marseille, en charge de la voirie.

"Comment un GPS peut ne pas détecter un port dans le Vieux-Port ?, s'interroge son avocat Hervé Seroussi. À aucun moment Nasser n'a su qu'il allait tout droit dans l'eau. Le GPS indiquait la présence d'une route". Mise également en cause par l'avocat pour "problème de signalisation", la Métropole a indiqué de son côté prévoir la fermeture de la route controversée par "la mise en place d'une barrière d'accès".

L'avocat de Nasser a multiplié les courriers pour trouver un terrain d'entente avec les différents protagonistes. Si les réponses ne sont pas satisfaisantes, tout le monde se donnera rendez-vous au tribunal. L'objectif de la procédure : que le sexagénaire obtienne une indemnisation pour le remorquage, la perte de sa voiture et de son matériel d'électricien, et les préjudices économiques et corporels.

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