A Marseille, Les Argonautes permettent à des personnes handicapées d’apprendre les métiers d’artisanat d’art

Se sentir autonome et utile, voilà une bonne raison de travailler, que l’on soit valide ou non. Pour certaines personnes en situation de handicap qui ne trouvent pas de place en entreprise, les établissements et services d’aide par le travail proposent un acompagnement et une activité professionnelle. La France compte 1 400 Esat comme celui des Argonautes et 122 600 personnes travaillent au sein de ces structures médico-sociales. Dans l'établissement marseillais, 80 personnes sont réparties dans l'un des sept ateliers, dont celui de restauration de mobilier. Tous handicapés moteurs. Leur activité peut s’exercer sereinement. "Ici, on a le temps, on n’est pas sujets à la productivité. On peut se permettre de faire des choses très difficiles, de chercher à comprendre, de faire des expériences", explique Alain Calvet, moniteur de l'atelier ébénisterie-restauration. 16% de chômage chez les personnes en situation de handicap Ahmed apprend différentes étapes de son activité professionnelle, tapisseur en ameublement. "Ça m’aide à avoir confiance en moi, à prendre conscience que sans le travail on n’existe pas. C’est bon pour le moral et la santé." Si le taux de chômage des personnes en situation de handicap baisse, il reste tout de même deux fois plus important que celui des travailleurs valides. En 2019, 16% des personnes non-valides étaient en recherche d’emploi. Une situation qui peut provoquer des craintes et montre la persistance de stéréotypes. Au sein des Argonautes, un suivi global est organisé dans l’établissement pour trouver un bon équilibre. "Je suis très heureux d’être ici, ça fait trente ans que j’y suis et ça me plaît", affirme Rachid Rahibe. Les travailleurs en Esat sont sous contrat d’aide par le travail à temps partiel ou aux 35 heures avec un statut particulier. Ils touchent une rémunération financée en partie par l’Etat, située généralement autour du SMIC.