Mars : « Pour la première fois, nous pouvons retracer l’évolution du climat sur plusieurs millions d’années »

Nathalie Mayer, Journaliste
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En 2012, le rover Curiosity se posait sur Mars. Un engin lourd, de près de 900 kilogrammes. Destiné à explorer un gigantesque cratère d’impact, de 150 kilomètres de diamètre, le cratère Gale. « Au centre de ce cratère, on trouve des vestiges de son remplissage par les sédiments. Des roches sédimentaires partiellement érodées qui forment une montagne de cinq kilomètres de haut — le mont Sharp ou Aeolis Mons et qui ont enregistré une partie de l’histoire de Mars », nous précise William Rapin, chercheur au CNRS, en introduction.

« Depuis l’orbite, nous avions déjà une idée de la composition minérale des flancs du mont Sharp. Mais pour en apprendre plus, nous devions nous rendre sur place. C’est désormais chose faite. Et nous avons pu produire des images révélant en détail l’organisation des couches sédimentaires et les conditions dans lesquelles elles se sont formées. » Et celles-ci changent radicalement sur les quelques centaines de mètres d’épaisseur de relief exploré. Trahissant des changements climatiques survenus dans le passé.

William Rapin fait partie de l’équipe franco-américaine qui opère avec le rover Curiosity. Il est plus exactement spécialiste de l’instrument ChemCam — pour Chemistry Camera complet. « La particularité de cet instrument — au-delà du fait qu’il a été fabriqué en France —, c’est qu’il est équipé d’un télescope. En principe, celui-ci sert à focaliser un laser pour analyser les roches à proximité du rover. Mais cette fois, nous avons détourné l’usage de ce télescope pour enregistrer des images et analyser les affleurements dans le paysage alors que Curiosity s’approchait du mont Sharp. »

Au-dessus des argiles lacustres formant la base du mont Sharp, de larges et hautes structures entrecroisées sont le signe de la migration de dunes façonnées par le vent, lors d’un long épisode climatique sec. Plus haut, une fine architecture de couches alternativement friables et résistantes est typique de dépôts par une plaine...
Au-dessus des argiles lacustres formant la base du mont Sharp, de larges et hautes structures entrecroisées sont le signe de la migration de dunes façonnées par le vent, lors d’un long épisode climatique sec. Plus haut, une fine architecture de couches alternativement friables et résistantes est typique de dépôts par une plaine...

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