Mars la Blanche: notre mission dans la base scientifique la plus isolée du monde

Cyprien Verseux
Au-dessus de mon épaule, la base Concordia. Le froid est tel qu'il ne faut laisser aucun centimètre carré de peau à découvert.

Je vous écris de la base scientifique la plus isolée du monde. La plus isolée tout court, d'ailleurs: même la Station Spatiale Internationale, où des astronautes séjournent en ce moment à environ 400 km au-dessus de la Terre, est plus proche du reste de la civilisation. Pendant la majeure partie de l'année, il serait plus facile de rapatrier des astronautes que ceux qui vivent ici. C'est d'ailleurs l'un des intérêts de cet endroit pour les agences spatiales.

Cette base s'appelle Concordia. Elle est en Antarctique, qui –un rappel pour lever les doutes que vous avez peut-être– est au Sud et n'abrite ni ours polaires ni pingouins. C'est par contre le continent des manchots, ces oiseaux à la démarche de lascar que l'on appelle souvent, à tort, pingouins. C'est aussi le seul continent qui ne compte aucun habitant: ceux qui y vivent, pour de courtes durées, sont principalement des scientifiques et ceux qui leur permettent d'y passer du temps.

Concordia est peut-être ce qui se rapproche le plus, sur Terre, d'une base sur Mars ou la Lune. L'environnement est hostile et notre survie y dépend de la technologie.

Malgré sa location dans un désert extrêmement inhospitalier, Concordia est particulièrement attirante pour les chercheurs: son ciel dégagé, la longue nuit polaire, l'absence de pollution, sa neige vierge et son atmosphère extrêmement sèche, froide et fine en font un lieu privilégié pour des sciences telles que l'astronomie, la physiologie humaine, la glaciologie et les sciences de l'atmosphère. Il est, par contre, rare d'y croiser un biologiste: loin de la côte, on n'y trouve presque aucun être vivant en dehors des quelques humains et des microbes qui les accompagnent partout. Le froid y est trop intense, pouvant passer les -80°C pendant l'hiver.

Entouré de manchots Adélie et avec l'Astrolabe en arrière-plan, près de la base française Dumont d'Urville où j'ai fait escale en allant à Concordia.

Contrairement à mon habitude, je n'y étudierai donc aucune forme de vie: j'y serai glaciologue et travaillerai sur différents projets de recherche qui aideront, par exemple, à mieux connaître le climat par le passé et à...

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