Marlène Schiappa, Rachida Dati... LFI mise sur des invités inhabituels pour son université d'été

Le parti de Jean-Luc Mélenchon a choisi de miser sur des personnalités issues de ses opposants politiques comme invités de ses Amfis d'été cette fin de semaine. Débats houleux en perspective.

Un retour médiatique avec des invités surprenants. La France insoumise soigne sa rentrée avec son université d'été, les Amfis d'été, débutée jeudi dans la Drôme et qui s'achèvera dimanche, en créant l'événement. Les invités de ces débats, allant de la ministre Marlène Schiappa à la figure de la droite parisienne Rachida Dati, s'avèrent en effet comme inhabituels pour ce traditionnel rendez-vous de la rentrée politique.

Dati, Schiappa, Beaune invités

LFI a choisi de surprendre pour son grand retour médiatique après la pause estivale. Alors que les universités d'été sont habituellement l'occasion de convier des alliés politiques ou des intellectuels et personnalités issues de la société civile avec lesquels les partis partagent des idées politiques, les insoumis ont préféré inviter leurs ennemis politiques.

Pour les Amfis d'été de la LFI, il faudra s'attendre à des débats enflammés. Au programme, pas moins de trois ministres du gouvernement actuel. Marlène Schiappa, ministre de l'Économie sociale et solidaire, doit débattre ce vendredi avec le député LFI Alexis Corbière, tandis que le ministre des Transports Clément Beaune va férailler avec l'eurodéputé Manon Aubry sur la désobéissance à l'UE. De son côté, la ministre déléguée chargée des PME, du Commerce, de l’Artisanat et du Tourisme Olivia Grégoire croisera le fer sur la question de la vie chère avec le député LFI Adrien Quatennens.

Autre invitée inattendue chez LFI: l'ancienne garde des Sceaux et maire LR Rachida Dati. Elle débattra avec le député LFI Ugo Bernalicis sur la réforme de la Justice.

Quatre jours de débats entre des camps qui s'opposent

Avant ce rendez-vous très attendu qui pourrait donner lieu à des échanges musclés, le patron LFI a mis en garde ses troupes. "C'est un moment de débat. (...) Il faut traiter les invités avec respect et puis en même temps politiquement, il faut dire les choses comme elles sont", a appelé Jean-Luc Mélenchon dans une vidéo postée sur Twitter.

Ces quatre jours de débats seront l'occasion d'assister à des moments de discussions entre des camps qui en général s'opposent, selon notre éditorialiste politique.

"Au fond, c'est une bonne chose que des gens qui s'affrontent à l'Assemblée nationale soient capables de débattre ensemble", souligne Matthieu Croissandeau.

Un "cirque politico-médiatique"?

Ces débats interviennent cependant à contre-courant de la position tenue par le camp macroniste début juillet. À l'époque, Emmanuel Macron renvoyait LFI et RN dos-à-dos, assurant que ni l'un ni l'autre ne s'inscrivaient comme "partis de gouvernement".

La présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale Mathilde Panot n'hésitait pas de son côté à affirmer qu'Emmanuel Macron rendait "honneur à Pétain", par le biais d'un tweet posté lors des 80 ans de la rafle du Vel d'Hiv.

Tout cela a des "allures de cirque politico-médiatique", résume notre éditorialiste politique.

LFI crée l'événement

LFI, en attendant, a réussi sous coup en attisant la curiosité des observateurs politiques, alors que les universités d'été ont parfois du mal à créer l'événement.

"Ils ont soigné leur affiche, c'est chez eux que ça se passe", déclare Matthieu Croissandeau.

Pour les personnalités invités, en revanche, les débats constituent un défi. "Le risque pour les macronistes est de jouer les idiots utiles", estime notre éditiorialiste. Pourquoi alors avoir accepté de participer à l'événement? Certains "ambitieux considérent qu'être invités leur donne de la valeur et ils espèrent tirer leur épingle du jeu", analyse Matthieu Croissandeau. Verdict attendu dimanche.

Article original publié sur BFMTV.com

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