Mario Draghi s'entoure d'un gouvernement aux sensibilités variées

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Mario Draghi, qui a prêté serment ce samedi 13 février, a présenté vendredi la liste de ses 23 ministres. On évoquait des technocrates. En réalité, 15 politiques de carrière figurent aussi parmi les appelés. Ils incarnent toutes les sensibilités politiques au Parlement, de la gauche radicale à l'extrême droite, en passant par les sociaux-démocrates, les conservateurs et le Mouvement 5 étoiles. Selon la presse transalpine, c'est le résultat d'un compromis inévitable pour garantir un large soutien à l'ancien patron de la Banque centrale européenne.

Avec notre correspondante à Rome, Anne Le Nir

« Je jure d’être fidèle à la République, de respecter loyalement la Constitution et les lois et d’exercer mes fonctions dans l’intérêt exclusif du pays ». Voilà la formule rituelle prononcée par Mario Draghi, puis par ses 23 ministres, devant le chef de l’État Sergio Mattarella. La cérémonie de prestation de serment s’est tenue dans la salle des Consultations du Quirinal. Un palais du XVIe siècle, de 110 000 mètres carrés et de 1 200 pièces. On a pu voir des images inédites. C’est la première fois dans l’histoire de la République italienne que toutes les personnes étaient masquées. Les ministres ont d’ailleurs dû se soumettre à un test de dépistage du Covid-19 pour accéder au Quirinal, perché sur une des sept collines de Rome.

La cérémonie s’est achevée dans le salon des Cuirassiers, pour la traditionnelle photo de groupe, où chacun a pu ôter son masque pendant deux minutes. Le passage de consignes entre Giuseppe Conte et Mario Draghi s’est déroulé peu après, au siège du gouvernement. Là, on a perçu l’émotion de Conte quand Draghi a agité la petite cloche en argent, un autre rituel qui marque l’entrée officielle du nouveau gouvernement dans ses fonctions. Prochaine étape, le vote de confiance au Parlement, en début de semaine prochaine.

Le jour de « Super Mario »

Pour la presse italienne, c’est le jour de la star ! La Stampa publie une photo géante de « Super Mario » : costume bleu, chemise blanche, masque FFP2. Et on sourit en lisant la légende qui l’accompagne « Crepi il lupo ! » (« Bonne chance ! »)

La mission de Mario Draghi, dont on connaît les priorités, accélérer la campagne de vaccination, peaufiner le plan de relance pour obtenir de Bruxelles 209 milliards d’euros, ne sera pas facile, souligne ce quotidien qui résume le profil du gouvernement : « Un compromis entre techniciens et politiques représentant l’arc hétéroclite des partis qui le soutiennent ».

Des hommes de Berlusconi, un physicien à la Transition écologique...

« Tutto qui ? » (« Pas plus que cela ? ») s’interroge Il Fatto Quotidiano, en citant des hommes de Berlusconi « ressuscités », dont Renato Brunetta, chargé de l’Administration publique, et « l’exploit de Salvini » : son éminence grise, Giancarlo Giorgetti, s’occupera du Développement économique.

Il Sole 24 Ore, proche du patronat, met en exergue la personnalité du technocrate qui obtient le portefeuille crucial des Finances, Daniele Franco, qui a partagé sa carrière entre la Commission européenne et la Banque d’Italie.

Quant au Corriere Della Sera, il se penche sur le prestigieux physicien, Roberto Cingolani, qui dirigera le nouveau ministère de la Transition écologique, réclamé par le Mouvement 5 étoiles, et sur le ministre du Travail, issu du Parti démocrate, Andrea Orlando, « qui devra vite trouver une solution pour prolonger le chômage partiel ».