Marine Le Pen veut faire du harcèlement de rue un délit passible de prison, Marlène Schiappa réplique

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La candidate à l'Elysée veut faire du harcèlement de rue un délit, alors que c'est déjà le cas. - AFP
La candidate à l'Elysée veut faire du harcèlement de rue un délit, alors que c'est déjà le cas. - AFP

Passe d'armes au sujet du harcèlement de rue. Invitée ce mardi dans la matinale d'Europe 1, Marine Le Pen est revenue sur les principales lignes de son programme en vue de l'élection présidentielle de 2022. Et la candidate du Rassemblement national a notamment assuré qu'elle voulait faire du "harcèlement de rue à connotation sexuelle" un délit:

"Je considère que ce ne sont pas des faits divers, c'est un signal que la société doit prendre très au sérieux”, a-t-elle expliqué, assurant que non seulement il faut en faire un délit, mais qu'il doit également être accompagné de "circonstances aggravantes s'il est commis en réunion, à plusieurs".

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La cheffe de file du RN souhaite également que “l’auteur ou les auteurs soient inscrits au fichier des criminels et délinquants sexuels, comme ceux qui publiquement sur les réseaux sociaux font l'apologie de crimes ou délits sexuels".

Problème: le délit d'outrage sexiste est déjà présent dans le Code pénal, depuis la loi Schiappa votée en 2018. Mais Marine Le Pen dit vouloir aller plus loin que la loi en question, qui avait rendu un outrage sexiste punissable d'une amende forfaitaire de 750 euros. Pour la candidate à l'Élysée, voter pour instaurer une contravention, "c'est exactement comme si l'on ne votait rien".

"Pourquoi n'avez-vous proposé aucun amendement?"

Des propos qui ont vivement fait réagir Marlène Schiappa sur son compte Twitter, ce mardi:

"Je me réjouis de voir que vous vous intéressez à la lutte contre le harcèlement de rue, que nous avons fait voter en 2018", ironise la ministre chargée de la Citoyenneté sur le réseau social. "Vous êtes parlementaire. Pourquoi n'avez vous proposé aucun amendement à ce moment-là? Pourquoi ne même pas avoir voté cette loi?", l'interroge-t-elle encore.

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Dans plusieurs tweets, Marlène Schiappa explique ensuite que "l'outrage sexiste est la définition juridique du harcèlement de rue", qu'il est déjà puni de 750 euros d'amende, et jusqu'à 1500 euros en cas de récidive. En revanche, la ministre explique que ce que Marine Le Pen décrit est en réalité "déjà considéré comme agression sexuelle et donc passible de prison":

"Si une personne va au-delà de l’outrage sexiste et agresse sexuellement une autre personne ("frotteurs" dans les métros par exemple) ou bien si elle se rend coupable d’exhibition sexuelle, elle est passible de peines plus graves", explique Marlène Schiappa. "L’auteur peut encourir la prison et se trouve ipso facto sur les fichiers recensant les actes délictueux" explique-t-elle, en justifiant la mise en place de contraventions par le fait que c'est "immédiat et opérationnel".

L'ancienne secrétaire d'État chargée de l'Égalité hommes-femmes reproche également à Marine Le Pen de ne pas avoir voté une loi "qui fait de la France le premier pays à verbaliser le harcèlement de rue." Avant de conclure: "Je m’étonne que depuis 2017 (et avant !) on ne vous a jamais entendue rien proposer pour défendre les femmes face au harcèlement de rue et que cela vous vienne subitement en entrée de campagne”. Pour l'heure, Marine Le Pen n'a pas répondu.

Article original publié sur BFMTV.com

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