Pour Marine Le Pen, "l'abstention avantage les sortants et conforte le système"

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Marine Le Pen était notre invitée ce vendredi soir, en prélude au second tour des élections régionales dimanche. Au premier tour, dans le contexte d'une très forte abstention, la performance du Rassemblement national s'est avérée très en-deçà de ce que lui promettaient les sondages.

Au premier tour des élections régionales de dimanche dernier, le Rassemblement national a souffert comme les autres mouvements politiques d'un taux d'abstention faramineux - 66,74% au plan national. "C'était pire pour nous que pour les autres", a biffé Marine Le Pen ce vendredi soir en direct sur notre plateau face à notre journaliste Jean-Baptiste Boursier. L'enjeu pour la présidente du Rassemblement national était en effet de remobiliser l'électorat qui lui a fait faux bond lors de la phase initiale du scrutin

Elle n'a pas cherché à dissimuler la contre-performance de son mouvement: "C’est une déception car ce n’est pas parce que nos électeurs ont changé d’avis, ce n’est pas parce qu’ils ne nous font plus confiance... mais cette confiance ne peut s’exprimer que par le vote!" 

"C’est une raison supplémentaire d’aller voter pour corriger ce rendez-vous manqué du premier tour", a-t-elle enchaîné. Marine Le Pen refuse de voir dans sa déconvenue de dimanche dernier la fin de la montée en puissance de son parti. "L’abstention n’a rien à voir avec la banalisation, elle touche surtout les jeunes et les milieux populaires", soit le coeur de son électorat, a-t-elle posé. "Les gens croient qu'en s'abstenant ils s'opposent au système mais l’abstention avantage les sortants, les mouvements déjà en place. (...) En s’abstenant ils confortent le système", a-t-elle lancé. 

"Etre élus avec 3% des inscrits leur va"

Elle a raillé ses adversaires politiques: "Les mouvements en place sont assez d’accord avec l’abstention, ça leur va d’être élus avec 3% des inscrits". Marine Le Pen a d'ailleurs accusé le pouvoir de favoriser l'abstention. 

"Comment entraîner une participation importante quand tant de choses sont faites pour organiser l’abstention ?" s'est-elle demandée, citant des "dates modifiées quasi au dernier moment, l'absence d'information du gouvernement", et "les millions de Français" n'ayant "pas reçu les professions de foi du second tour".

Elle a alors livré son analyse des racines de l'abstention dans la population. "L’abstention est liée à un désintérêt des enjeux et au fait que l’électorat est focalisé sur la présidentielle, mais les régionales c’est également fondamental ! Il faut m’aider à avoir le maximum d’élus pour porter aussi cette dynamique de la présidentielle".

"Ceux qui ne veulent pas des idées des Verts en Paca doivent voter Mariani" 

Elle a d'ailleurs affichée son optimisme pour le second tour des régionales. "Dans toutes les régions, nos électeurs peuvent faire gagner le Rassemblement national", a-t-elle assuré. Tandis que le rapport de forces, naguère outrageusement avantageuse pour son candidat Thierry Mariani, s'équilibre en Provence-Alpes-Côte d'Azur, elle a avancé: 

"Je pense qu’il peut parfaitement l’emporter (...). La mobilisation massive de nos électeurs peut nous permettre de renverser la situation". Elle a vu dans le "front républicain" rassemblé autour de Renaud Muselier, à l'origine candidat du centre droit et président sortant du Conseil régional, un "grand chelem de la magouille politique".

"Renaud Muselier était déjà le candidat d'Emmanuel Macron, il est maintenant également celui du PCF, des Verts. Ceux qui ne veulent pas que ces idées infusent dans la région doivent voter pour Thierry Mariani", a-t-elle exhorté.  

Article original publié sur BFMTV.com

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