Quand Marine Le Pen jugeait "démagogique" une loi sur le voile à l'école

Geoffroy Clavel

POLITIQUE - Souhaiter l’adoption d’une loi interdisant aux accompagnatrices de sorties scolaires de porter un voile islamique... tout ayant combattu la loi votée en 2004 interdisant les signes religieux ostentatoires dans les écoles publiques. C’est la position paradoxale dans laquelle Marine Le Pen se trouve aujourd’hui. Il faut dire qu’en matière de laïcité, la famille Le Pen n’a jamais craint les contradictions.

Invitée du Grand jury RTL-LCI ce dimanche 20 octobre, Marine Le Pen a renouvelé sa proposition de légiférer contre le port de signes religieux ostensibles dans l’espace public, du foulard à la kippa, la députée RN du Pas-de-Calais souhaitant d’abord qu’une loi interdise aux mères voilées d’accompagner les sorties scolaires. Pourtant, début 2004, Marine Le Pen jugeait inutile le vote d’une loi interdisant notamment le voile islamique à l’école, estimant à l’époque qu’une simple circulaire ferait tout aussi bien l’affaire (voir notre vidéo ci-dessus).

“La démagogie, c’est de faire une loi”, répondait-elle alors quand les journalistes s’étonnaient du refus de son parti de s’aligner sur le consensus politique. Posture d’éternelle opposante ou crainte de voir une autre religion que l’islam visée? Toujours est-il que la vice-présidente du Front national considérait que l’État ne serait pas en capacité de faire appliquer une loi qui, de toute façon, “ne réglera pas le problème”, affirmait celle qui prétend l’inverse aujourd’hui. “Je suis convaincue qu’on peut voter une loi [interdisant le voir dans l’espace public] et la faire appliquer”, a assuré Marine Le Pen ce dimanche... non sans démagogie?

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