Marine Le Pen ferme finalement la porte à la constitutionnalisation de l’IVG

Marine Le Pen, ici le 4 novembre à l’Assemblée nationale, ferme finalement la porte à la constitutionnalisation de l’IVG.
ALAIN JOCARD / AFP Marine Le Pen, ici le 4 novembre à l’Assemblée nationale, ferme finalement la porte à la constitutionnalisation de l’IVG.

POLITIQUE - À la fin du mois de juin, c’était « pourquoi pas ». Ce dimanche 13 novembre, c’est finalement non. Dans une interview au Journal du dimanche (JDD), Marine Le Pen ferme la porte à l’inscription de l’IVG dans la Constitution, portée notamment par la présidente du groupe Renaissance à l’Assemblée nationale, Aurore Bergé.

« Nous ne sommes pas les États-Unis. Aucune formation politique en France ne réclame la suppression de ce droit. Je ne comprends pas bien du coup à quel danger doit répondre cette demande de constitutionnalisation », affirme la présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale, alors que cette question s’est posée en France après que la Cour suprême américaine est revenue sur l’arrêt Roe v. Wade, permettant aux États d’interdire ou non l’avortement.

Une position qui tranche avec le signal d’ouverture envoyé fin juin, mais qui renvoie aux ambiguïtés de Marine Le Pen sur le sujet. En 2012, alors candidate du Front national à la présidentielle, elle n’avait pas exclu de « dérembourser » l’IVG, estimant qu’il était parfois utilisé comme « un mode de contraception ».

« Dérembourser des abus alors qu’un tiers de la population française ne peut pas se soigner correctement, parce qu’on ne cesse de dérembourser, à un moment je pense qu’il faut dire stop », expliquait-elle en 2012 sur France 2, suscitant par ailleurs un tollé en évoquant des « avortements de confort ».

Début 2022, Marine Le Pen s’est aussi opposée à l’allongement du délai légal de grossesse de 12 à 14 semaines, un projet de loi finalement adopté par l’Assemblée nationale, malgré l’opposition à droite. Ailleurs qu’au palais Bourbon, les députés du Rassemblement national n’ont pas montré une adhésion sans faille au droit à l’IVG.

Comme le rappelle Le Monde, en 2020, puis en 2021, la grande majorité des députés européens RN ont voté contre deux résolutions européennes condamnant l’interdiction — presque totale — du recours à l’avortement en Pologne.

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