Marine Le Pen fait un retour offensif sur l’immigration, voici pourquoi

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PRÉSIDENTIELLE - “L’immigration s’invite dans le débat présidentiel qui s’ouvre”, a débuté Marine Le Pen lors d’une conférence de presse mardi 28 septembre, visant à présenter son projet de loi de référendum sur ce thème, qu’elle voudrait faire adopter dès son arrivée au pouvoir, si elle est élue à l’Élysée en 2022.

“Tous les candidats, de Barnier à Bertrand et de Pécresse à Macron, se contorsionnent pour tenter de se faire entendre sur ce sujet qui s’impose de lui-même”, a ironisé la présidente du Rassemblement national, sourire aux lèvres, pour qui ces “prises de conscience opportunes” sont surtout “opportunistes”.

Parmi les mesures du projet de loi, on retrouve notamment “la maîtrise de l’entrée des étrangers, l’éloignement des étrangers condamnés pour crimes ou délits graves ou ceux qui portent atteinte à l’ordre public, la priorité nationale” ou “le principe de l’interdiction des régularisations”.

“Des prises de conscience opportunistes”

Exit “le pouvoir d’achat”, l’objectif de la candidate du Rassemblement national était aujourd’hui de rappeler la position “d’expert” du RN sur la “question de l’immigration”, “pour y avoir consacré une réflexion très approfondie depuis des décennies”. Une sorte de “retour aux fondamentaux”, à l’heure où la droite, Éric Zemmour et même le gouvernement marchent sur ses plates-bandes.

Fin août, c’est Michel Barnier, ancien négociateur européen pour le Brexit, désormais candidat à la primaire de droite, qui présentait son “moratoire” comme “un coup d’arrêt à l’immigration clandestine et à tous les abus auxquels la politique - qui ne fonctionne pas - de l’immigration en France donne lieu”.

Valérie Pécresse, à Brive-la-Gaillarde, lors du meeting pour le lancement de sa campagne présidentielle, affirmait que la République est “débordée par une immigration incontrôlée, pilotée par des réseaux mafieux” et que “la place d’un clandestin c’est dans un charter pour retourner chez lui.”

Un autre candidat à la primaire LR, Éric Ciotti, dont l’objectif est “que la France reste la France”, n’hésite pas de son côté à proposer de revenir sur le droit du sol ou d’instaurer une “réforme constitutionnelle” sur l’immigration et des “quotas migratoires”.

C’est également le polémiste Éric Zemmour, qui n’est pas candidat pour le moment, dont la rhétorique ne repose que sur le contrôle de l’immigration et qui, sans surprise, affirmait encore lundi 27 septembre sur Sud-Radio: “Il faut faire pression sur les États qui sont à l’origine de ces étrangers pour qu’ils les reprennent, réclamait-il. Des pressions qui peuvent être très fortes.”

“On n’a pas attendu Éric Zemmour”

Dans ce contexte, la majorité n’entend pas rester sur le carreau. Alors que la candidate du RN est donnée par les sondages au second tour face à Emmanuel Macron, le gouvernement a annoncé le matin même un durcissement des conditions d’obtention des visas à l’égard du Maroc, de l’Algérie et de la Tunisie qui “refusent” de délivrer les laissez-passer consulaires nécessaires au retour des immigrés refoulés de France.

Une façon de répondre à l’omniprésence médiatique -et politique- d’Éric Zemmour? Le gouvernement n’a “pas attendu” que le polémiste “en parle pour (lui)-même en parler”, s’est défendu le porte-parole Gabriel Attal, expliquant que les “premières réunions” sur le sujet datent d’“il y a plus d’un an”.

“C’est une décision drastique, c’est une décision inédite, mais c’est une décision rendue nécessaire par le fait que ces pays n’acceptent pas de reprendre des ressortissants que nous ne souhaitons pas et ne pouvons pas garder en France”, a-t-il également justifié.

“Nos solutions, ils y viendront tous”

Il n’empêche, la mesure n’est pas passée inaperçue du côté des figures de l’extrême droite, lesquelles affirment, sans surprise, qu’il faut aller plus loin: jusqu’au référendum présenté aujourd’hui par Marine Le Pen. “Je pense qu’il y a enfin dans ce pays une prise de conscience salutaire de ce que l’immigration pose comme problème”, s’est félicité le porte-parole du RN Sébastien Chenu sur BFMTV.

“Elle arrive bien tard et la réponse est bien faible, Ce que nous disons depuis des années, finalement, est partagé”, a-t-il cependant ajouté, “nos analyses étaient les bonnes et nos solutions, ils y viendront tous.”

Avec l’omniprésence du thème migratoire, Marine Le Pen peut se féliciter d’une “victoire idéologique des nationaux”. Reste désormais à savoir si ce succès se traduira dans les urnes ou non. Pour l’instant, la candidate d’extrême droite a beau être toujours donnée au second tour, elle ne cesse de reculer dans les enquêtes d’opinion.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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