Marine Le Pen et Emmanuel Macron au second tour, où sont-ils allés et pourquoi

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Le Pen et Macron en campagne à l'entre-deux-tours, où sont-ils allés et pourquoi (Photo: Thierry Monasse via Getty Images)
Le Pen et Macron en campagne à l'entre-deux-tours, où sont-ils allés et pourquoi (Photo: Thierry Monasse via Getty Images)

Le Pen et Macron en campagne à l'entre-deux-tours, où sont-ils allés et pourquoi (Photo: Thierry Monasse via Getty Images)

POLITIQUE - Quatorze jours entre les deux tours, douze pour faire campagne et dix-neuf déplacements sur le terrain pour Emmanuel Macron et Marine Le Pen. De Marseille et Arras, en passant par Avignon et Le Havre, sans oublier des villes plus modestes, chaque déplacement a répondu à une stratégie bien rodée: communication pour la candidate RN, exercice préparatoire pour celui d’En Marche!

Ce vendredi 22 avril à minuit, la campagne s’achève. Pour leurs dernières 24h sur le terrain, Emmanuel Macron comme Marine Le Pen jouent à domicile. Lui se rend à Figeac dans le Lot, où il est arrivé en tête au premier tour, comme en 2017. Elle à Abbeville dans la Somme, où elle a obtenu les mêmes résultats.

Pour Marine Le Pen, ce dernier déplacement s’inscrit dans la continuité de ceux de son entre-deux tours. Gabriel Attal l’a accusé le 18 avril sur France 2 de “faire une campagne en charentaises” en privilégiant “les endroits où elle a fait ses meilleurs scores”. L’intéressée assume: “Je trouve ça très bien les charentaises”, répond-elle depuis Saint-Pierre-en-Auge (Calvados)... où elle a devancé Emmanuel Macron de 6,5 points au premier tour.

Comme le montre notre carte ci-dessous, sur dix déplacements, Marine Le Pen en a fait cinq en terrain conquis. À l’inverse, Emmanuel Macron a privilégié les terrains hostiles pour six de ses neuf visites. Deux sur les terres du RN: à Denain dans le Nord et Carvin dans le Pas-de-Calais. Cinq dans des villes où Jean-Luc Mélenchon est arrivé en tête le 10 avril: Marseille, Saint-Denis, Le Havre mais aussi Mulhouse et Strasbourg, deux villes qui au premier tour en 2017 avaient voté pour l’actuel chef de l’État.

Macron s’entraîne, Le Pen “dédiabolise”

La première visite d’Emmanuel Macron le 11 avril a eu lieu dans le Nord, bassin minier où le RN est bien implanté. L’ambiance, tout de suite, a été musclée: Emmanuel Macron s’est fait interpeller sur les retraites, et ce n’est qu’à ce moment qu’il s’est dit prêt à des concessions. Le lendemain, le voilà dans trois villes alsaciennes, dont une seule lui a donné la préférence au premier tour. À Strasbourg, son meeting est perturbé par des gilets jaunes, des opposants au pass sanitaire et des militants insoumis réclamant le retour de l’ISF.

Rien de tout cela n’a semblé gêner le candidat. Au contraire, selon Hervé Le Bras, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), c’était presque l’effet recherché. “Emmanuel Macron est allé dans des endroits où il aurait de la contradiction”, analyse le démographe pour LeHuffPost. “Il s’est montré assez ouvert à cette contradiction et il a pu sentir un peu le type de réactions qu’il provoquait chez ceux qui n’étaient pas ses électeurs.”

L’objectif? Se préparer au débat du 20 avril face à Marine Le Pen tout en s’adressant à l’électorat mélenchoniste qu’il courtise. Emmanuel Macron connait bien cette stratégie: il l’a appliquée lors du Grand débat et a réussi (au moins en surface) à apaiser la colère.

Pour Marine Le Pen, c'était une question de communication. Pour Emmanuel Macron il y avait de la communication, mais il se faisait surtout les musclesHervé Le Bras, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales

Le Rassemblement national a opté pour une stratégie opposée. Le 16 avril depuis Saint-Rémy-sur-Avre (Eure-et-Loir) Marine Le Pen a assuré qu’elle “ne choisit pas les villes où je viens en fonction des résultats que j’ai pu y faire.” Mais je suis arrivée en tête dans 20.000 communes sur 34.000, il est sûr que je peux tomber sur des communes où j’ai fait de bons scores”, balaye-t-elle en souriant, sous les cris de “Marine Présidente”.

Simple hasard donc? Pas vraiment. Marine Le Pen est engagée dans une stratégie de dédiabolisation depuis 10 ans. Lors de cette campagne présidentielle, elle a profité du paratonnerre érigé par Éric Zemmour et sa candidature radicale pour manœuvrer hors des radars médiatiques et se tailler le costume sur-mesure d’une candidate “sociale” enchaînant les selfies dans la “France des oubliés” pour y parler pouvoir d’achat. Un plan de communication visant à consolider son image de représentante du “peuple” face à un Emmanuel Macron “président des riches”.

“Il fallait que Marine Le Pen apparaisse entourée de gens qui l’approuvaient”

Pour Hervé Le Bras, ses déplacements répondent à cette logique. Marine Le Pen a privilégié les terrains faciles, dans des villes peu peuplées qui correspondent à son électorat. “Il fallait qu’elle apparaisse sereine dans ses déplacements, entourée de gens qui l’approuvaient. Si elle était allée dans un endroit très macronien, elle risquait des manifestations hostiles qui auraient rappelé le caractère conflictuel de l’extrême droite”.

Ce fut le cas à Avignon, où Marine Le Pen a organisé son premier meeting d’entre-deux-tours le 16 avril. Dans cette ville, Jean-Luc Mélenchon est arrivée en tête, devant Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Autant dire qu’elle n’y était pas la bienvenue: 300 personnes ont défilé le matin du meeting aux cris de “Le Pen, casse-toi. Vaucluse est anti-fa!”, a rapporté France Bleu.

“Pour Marine Le Pen, c’était une question de communication. Pour Emmanuel Macron il y avait de la communication, mais il se faisait surtout les muscles”, résume Hervé Le Bras. Il pointe la “logique plus conquérante” d’Emmanuel Macron qui a trouvé son point d’orgue mercredi 20 avril pendant le débat. Selon le baromètre quotidien OpinionWay-Kéa Partners pour Les Échosparu jeudi 21 avril 41% des téléspectateurs ont jugé Emmanuel Macron plus convaincant (31% pour Marine Le Pen).

Marine Le Pen a mieux réussi cet excercice qu’en 2017, mais cela n’a pas suffi à lui redonner de l’élan. Dès les premiers jours de l’entre-deux-tours, les intentions de vote en sa faveur pour le second tour ont décroché. Le 11 avril, 6,4 points la séparaient d’Emmanuel Macron, comme le montre notre compilateur de sondage. À deux jours du vote ce vendredi, l’écart est désormais de 13 points. Les limites d’une campagne en charentaises?

À voir également sur Le HuffPost: Présidentielle 2022: Les temps forts du débat Macron-Le Pen

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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