France: Marine Le Pen devant la justice pour des images de l'EI qu'elle a relayées

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Dans des tweets de 2015, en réponse à un journaliste qu'elle accusait d'avoir fait un parallèle entre son parti et le groupe jihadiste, Marine Le Pen avait publié des images violentes avec ce commentaire : « Daesh, c'est ça ». Elle dénonce un procès politique.

En arrivant ce mercredi 10 février au tribunal correctionnel de Nanterre, la leader d'extrême droite, finaliste à la présidentielle de 2017, s'est dite « profondément indignée d'être poursuivie pour (s') être élevée contre un amalgame effectué sur un plateau de télévision entre le RN et Daesh. Faire cet amalgame, c'est minorer, banaliser les exactions épouvantables de ce groupement terroriste et barbare ».

En 2015, elle s'indigne des propos du journaliste Jean-Jacques Bourdin qui évoque des liens entre le Front national (FN) et le groupe État islamique (EI). À l'époque, toujours dans un tweet, elle dénonce « un dérapage inacceptable ».

Les photos montraient un soldat syrien écrasé vivant sous les chenilles d'un char, un pilote jordanien brûlé vif dans une cage et le corps décapité du journaliste américain James Foley, la tête posée sur le dos. Ces publications, quelques semaines après les attentats jihadistes de Paris et Saint-Denis du 13 novembre 2015 (130 morts et des centaines de blessés), avaient immédiatement soulevé un tollé au sein de la gauche – alors au gouvernement – comme de la droite, et au-delà du monde politique.

L'eurodéputé français du RN Gilbert Collard, proche de Mme Le Pen, avait relayé le même jour la photo d'un homme gisant au sol, le crâne défoncé, avec ce commentaire : « Bourdin compare le FN à Daech : le poids des mots et le choc des bobos ! » Le parquet avait, le jour même, lancé deux procédures distinctes après un signalement de ces clichés par le ministre de l'Intérieur de l'époque, Bernard Cazeneuve.

Après trois ans d'instruction, les deux responsables politiques sont poursuivis sur la base d'un article du Code pénal français punissant la diffusion de messages violents susceptibles d'être vus par un mineur : une infraction passible de trois ans de prison et 75 000 euros d'amende.

Marine Le Pen a toujours dénoncé un procès politique concernant cette affaire, expliquant qu'elle n'était pas la seule à relayer ces vidéos du groupe EI mais qu'elle seule devait en rendre compte devant les tribunaux français.

(Avec AFP)