Marine Le Pen dénonce un "procès en sorcellerie" contre le RN

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En déplacement dans le Gard pour soutenir son candidat aux régionales en Occitanie, Jean-Paul Garraud, la patronne du RN dénonce le procès en incapacité de gouverner régulièrement intenté à son parti.

Marine Le Pen a dénoncé ce jeudi dans le Gard un "procès en sorcellerie" intenté selon elle contre son parti, le Rassemblement national, sur ses capacités à s'implanter, à rassembler et à gouverner.

"Nous souhaiterions que cesse une forme de procès en sorcellerie dont nous sommes victimes depuis des années. Car la réalité est parfois très différente de ce qu'on peut parfois lire", a déclaré, en s'adressant à la presse, la présidente du RN et candidate à l'élection présidentielle.

La députée du Pas-de-Calais, par ailleurs en lice pour les départementales dans le Pas-de-Calais, était venue soutenir en Occitanie le candidat du RN aux régionales, l'ex-Les Républicains Jean-Paul Garraud.

"Qui rassemble plus que le RN?"

"On a fait beaucoup de procès au RN sur son absence d'implantation locale", a déploré Marine Le Pen qui a fait valoir que son parti avait le plus grand nombre de candidats sous l'étiquette RN aux départementales, qui comme les régionales auront lieu les 20 et 27 juin. 

Le RN est représenté dans 1627 cantons selon le ministère de l'Intérieur, contre 1909 en 2015, loin devant les autres partis, si on ne prend pas en compte les candidats qui se présentent sous l'étiquette "divers".

"On nous a fait aussi (...) le reproche de ne pas rassembler. Mais qui rassemble plus que le RN aujourd'hui? Qui est capable d'attirer à lui des profils aussi divers, de la société civile, de la gauche, ou de la droite? Personne", a ajouté la cheffe du RN, qui multiplie les annonces de ralliements de candidats extérieurs au parti.

"Capacité à gouverner"

"Les LR et LREM ne rassemblent pas, ils fusionnent", a-t-elle raillé. "Il y a les fusions qui font du bruit comme en PACA, et puis il y a les fusions plus discrètes", dans les Hauts-de-France et en Île-de-France, ainsi que "des élections qui ont vu LR, ici (en Occitanie, NDLR), faire élire la gauche en refusant les voix du RN", a développé Marine Le Pen, alors que le président de LR Christian Jacob était présent le même jour à Nîmes pour soutenir son candidat, le député du Lot Aurélien Pradié.

Elle a enfin dénoncé un "autre procès en sorcellerie" qui "n'a plus de sens, sur (la) capacité à gouverner" du RN, arguant l'avoir "démontré par l'intermédiaire des maires" RN, dont deux étaient présents, le maire RN de Perpignan Louis Aliot, et celui de Beaucaire Julien Sanchez, ainsi que deux eurodéputés et un député RN.

La fille de Jean-Marie Le Pen fait ainsi allusion à des propos récents du député LR Eric Ciotti recueillis par Valeurs Actuelles, auprès de qui il a affirmé que ce qui "différencie" son parti du RN est la "capacité à gouverner".

"Plus de cordon sanitaire"

Marine Le Pen s'est félicitée d'entendre "nombre de LR dire aujourd'hui qu'il y a évidemment un lien entre immigration et insécurité". Et d'évoquer nommément l'ancien ministre Michel Barnier, dont elle se réjouit de le voir "venir dire qu'il faut un moratoire sur l'immigration", comme l'exige le RN.

Sur un tracteur, la candidate avait visité auparavant des rizières et un champ de vignes, à défaut d'avoir pu rencontrer des manadiers, son entourage évoquant des "pressions" de la gauche, la fédération des manadiers (FDM) dénonçant pour sa part un rendez-vous présenté comme une rencontre avec ses représentants alors que la fédération tient à "rester neutre et a-partisane".

Jean-Paul Garraud a fait valoir qu'il n'y avait plus de "cordon sanitaire" entre le RN et LR. "À ces déçus LR, je leur dis 'ne soyez pas inquiets, venez avec nous, la solution est avec nous'", a-t-il déclaré.

Il a critiqué Christian Jacob et Aurélien Pradié qui se "rattachent à la venue de Marine Le Pen pour avoir un peu de lumière". Prêt à "prendre un café" avec Christian Jacob, il admet que "ce sera plus difficile avec Aurélien Pradié" qui "est le degré zéro de la politique".

Article original publié sur BFMTV.com

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