Marine Le Pen et Éric Zemmour, deux camps irréconciliables

Marine Le Pen et Éric Zemmour, deux camps irréconciliables
STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Depuis le soir de sa défaite au second tour de l’élection présidentielle, Marine Le Pen s’est tue. “Elle rumine et elle est en colère, très en colère, contre l’autre chef de file d’extrême droite, Éric Zemmour.”

Et pour cause. Après avoir dénigré pendant des mois sa concurrente, le candidat de Reconquête ! évoque désormais la nécessité d’une union des extrêmes droites. “C’est la huitième fois que la défaite frappe le nom de Le Pen”, a-t-il rappelé le 24 avril, sous-entendant, selon le quotidien italien La Stampa, que, tant que ce patronyme serait présent, l’extrême droite était condamnée à perdre. Dans la foulée, il a réitéré sa proposition d’alliance entre son parti, Reconquête !, et le Rassemblement National (RN). “Zemmour en personne” serait député au sein de cette formation.

Sa proposition s’est vu opposer “un niet généralisé et méprisant”. Le RN devrait pourtant remercier le polémiste, pointe le journal italien, car en attirant à lui ses militants les plus extrêmes – “dont les jeunes avec des têtes de brutes et les bras tatoués” –, il a rendu service à Le Pen en assainissant son parti.

“Il faut qu’il dégonfle”

Sa proposition arrive cependant “trop tard”. Marine Le Pen lui a répondu par l’intermédiaire de Louis Aliot, son ex-mari, maire RN de Perpignan : “Zemmour, je pense qu’il faut qu’il dégonfle sa tête.” Il n’a après tout obtenu que 7 % des voix au premier tour, et sans le RN, sa formation a peu de chances d’obtenir des sièges à l’Assemblée. Et Louis Aliot d’ajouter :

“Si vraiment le nom de Le Pen le gêne, il va falloir qu’il se départisse d’une Le Pen qu’il a voulu agréger à lui, en l’occurrence Marion [Maréchal].”

“Encore la nièce, ironise La Stampa, une présence désormais embarrassante pour tous”, car son passage à Reconquête ! est devenu une affaire de trahison familiale.

Le RN a assuré qu’un de ses candidats ferait face à Zemmour dans la circonscription où il se présentera. Pourtant, une alliance multiplierait considérablement les sièges de l’extrême droite, “mais Marine ne pardonne pas, elle n’y arrive vraiment pas”. L’ex-journaliste a au contraire annoncé le 27 mars sur son compte Twitter que son parti ne présenterait aucun candidat face à Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan et Éric Ciotti lors des législatives des 12 et 19 juin prochain.

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