Marine Le Pen à Villepinte : ses métaphores, mon cauchemar

Julie Neveux
Marine Le Pen à Villepinte

ELECTION PRESIDENTIELLE - La nuit dernière, j'ai fait un cauchemar que Freud qualifierait d'enfantin: contenu manifeste très lisible, contenu latent inexistant: pas de grand travail d'élaboration du rêve, peu de transposition ou de condensation, guère besoin d'un psy pour l'interpréter.

Le Pen était attendue sur une plage/rive de France, qui ressemblait d'abord à une plage cannoise. Telle une star, elle devait faire une arrivée spectaculaire depuis le large, fièrement plantée sur son yacht blanc immaculé, moulée dans son pantalon blanc immaculé aussi, imagerie directement piquée à son clip lénifiant de campagne, point d'orgue de miracle de com qui blanchit la figure diabolique et nous la lisse en belle blonde aux cils frissonnants mais qu'en a dans le slip quand même.

Voulant couvrir l'événement, je me planque dans une mini barque qui tente de côtoyer la star. Mais personne ne semble à bord du yacht. Personne pour me sauver et sauver la France. Très vite de gros nuages noirs viennent obscurcir le ciel, un vent violent se met à souffler, les vagues enflent et menacent ma frêle embarcation qui s'éloigne en même du yacht et du rivage... Je crie mais personne ne m'entend, tandis qu'à la faveur d'un éclair, le yacht dévoile son vrai visage: c'est une épave, un vaisseau fantôme aux voiles en lambeaux, dont la coque est ravagée par des siècles de dérive dans le néant obscur des océans du mal... Des profondeurs du vaisseau s'élève un rire machiavélique. "Les cons, ils n'ont rien compris!!!" Mon dieu, c'est Le Pen! L'eau s'engouffre dans ma bouche, et je coule.

Au réveil, une angoisse terrible demeure: celle de n'avoir pu annoncer le danger réel à tous ceux qui n'ont pas compris la véritable nature de ce yacht blanc.

A l'instant, à la radio, j'entends des bribes du discours de Le Pen à Villepinte. Toujours la même rhétorique: les mots du pire, de l'horrible au sens étymologique, qui fait trembler; sa seule stratégie depuis toujours, faire peur pour régner. Les...

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