Le Pen convoquée par les juges, refuse de s'y rendre

Marine Le Pen a été convoquée par les juges en vue d'une possible mise en examen dans l'enquête sur l'affaire de ses assistants parlementaires européens. La candidate du Front national à la présidentielle a fait savoir dans un courrier envoyé aux juges qu'elle ne répondrait pas à cette convocation avant la fin de la campagne. /Photo prise le 2 mars 2017/REUTERS/Charles Platiau

PARIS (Reuters) - Marine Le Pen a été convoquée par les juges d'instruction en vue d'une possible mise en examen dans l'enquête sur l'affaire de ses assistants parlementaires européens, a-t-on appris vendredi de l'un de ses avocats, Me Marcel Ceccaldi.

Mais la candidate du Front national à la présidentielle a fait savoir dans un courrier envoyé aux magistrats qu'elle ne répondrait pas à cette convocation avant la fin de la campagne, a-t-il précisé.

"Bien entendu, elle ne s'y rendra pas", a-t-il dit en rappelant que Marine le Pen bénéficiait de son immunité parlementaire de député européen, qui interdit toute mesure coercitive.

Marine Le Pen, qui réfute les soupçons d'emplois fictifs, avait déjà refusé en février de répondre à une convocation d'un service de police, précisant qu'elle ne se rendrait à aucune convocation jusqu'aux législatives des 11 et 18 juin.

Me Marcel Ceccaldi voit dans la démarche des juges une nouvelle preuve de "l'intrumentalisation de la justice à des fins politiques" et annonce que sa cliente portera plainte pour violation du secret de l'instruction.

"La fuite sur la convocation des juges a été organisée. Elle ne peut provenir que du parquet ou du magistrat instructeur", a-t-il dit.

En tête dans la plupart des intentions de vote pour le premier tour de la présidentielle devant Emmanuel Macron et François Fillon (Les Républicains), Marine Le Pen a vu sa campagne perturbée par plusieurs révélations judiciaires.

L'information judiciaire sur les assistants parlementaires du FN au Parlement européen, ouverte en décembre dernier par le parquet de Paris, a ainsi connu une forte accélération depuis la mi-février.

Le siège du FN à Nanterre a fait l'objet d'une perquisition.

La chef de cabinet de Marine Le Pen, Catherine Griset, et son garde du corps, Thierry Légier, ont été placés en garde à vue le 22 février. Tous deux sont soupçonnés d'avoir été employés fictivement à Bruxelles et d'avoir en réalité travaillé pour le FN à paris.

A l'issue de sa garde à vue, Thierry Légier a été relâché sans qu'il soit présenté à des juges d'instruction "en l'état". Mais Catherine Griset a de son côté été mise en examen pour recel d'abus de confiance.

Le 25 février, le Monde a révélé la mise en examen pour "abus de biens sociaux" de Frédéric Chatillon, un proche de Marine Le Pen et dirigeant d'une société prestataire du FN, dans une autre enquête, portant sur le financement du parti.

Sa société, le parti et son trésorier Wallerand de Saint-Just sont aussi renvoyés en correctionnelle dans le cadre d'un autre dossier, portant cette fois-ci sur le financement des campagnes du FN en 2014 et 2015.

La présidente du FN et son père Jean-Marie Le Pen sont également visés par une enquête préliminaire ouverte en janvier 2016 par le parquet national financier pour déclaration inexacte de patrimoine.

(Gérard Bon, édité par Sophie Louet)

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